François Lemancel, un globe-trotter en selle toute l’année

En 2020, François Lemancel a pris la poudre d’escampette pour un tour du monde à vélo. Après deux ans de voyage et 19 pays traversés, il prépare son périple de retour depuis l’Australie. La semaine dernière, il était de passage à Nouméa afin de partager son récit et son mode de vie.

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. Pour François Lemancel, ce proverbe prend tout son sens lorsqu’il monte sur son vélo. Sa deuxième maison depuis plus de deux ans. Le jeune Normand, originaire d’Orbec, n’a pas attendu la crise de la quarantaine pour tout plaquer et sillonner la planète.

À 21 ans, il a pris sa tente, son matelas, son réchaud, une trousse à pharmacie, son appareil photo… Tout le nécessaire pour vivre quelques années et il s’est élancé, à vélo, sur les routes du monde. Lui, qui n’était jamais vraiment sorti de l’Hexagone, a déjà traversé 19 pays et parcouru 26 000 kilomètres. Un mode de vie auquel il a toujours aspiré, presque depuis qu’il est en âge de pédaler.

Le vélo et la photo

« J’ai commencé à 10 ans le vélo en club. Dans la famille, j’étais le premier à en faire, mon père s’y est mis pour m’accompagner, et après ça a été au tour de ma mère », raconte-t-il. La petite famille initie un premier voyage de trois jours entre Orbec et le Mont-Saint- Michel. C’est le point de départ d’une grande histoire d’amour pour les périples à deux roues. « Je leur ai donné le goût du vélo et eux m’ont donné le gout du voyage à vélo. »

Le cycliste possède du matériel qui peut aller jusqu’à moins 15 degrés et jusqu’à 40 degrés.

En 2018, après son BTS de photographie, François Lemancel réalise sa première grande expédition en faisant le tour de France des fromages AOP. Une évidence pour ce Normand qui vient d’une famille d’agriculteurs. « Mon père et mon frère sont éleveurs. Depuis cinq ans, on fait du fromage à la ferme : camembert, livarot et du pont- l’évêque. C’était l’occasion de montrer qu’on a un beau savoir-faire. »

Muni de son appareil photo, il va à la rencontre des fromagers, des affineurs, des petits producteurs, et expose son travail à la mairie de Paris. Cette traversée de cinq mois renforce son envie d’aller plus loin. Plus longtemps. Il travaille en tant que salarié quelque temps avant d’effectuer un service civique dans un garage à vélo associatif. Il se prépare alors pour le grand départ. Celui dont il a toujours rêvé.

« Tu fais partie du paysage »

Février 2020. Il prend la route direction l’Italie, parcourt la Slovénie, l’Autriche, la Slovaquie, la Pologne, l’Ukraine, la Roumanie, la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bulgarie et la Turquie. À l’heure où la crise sanitaire frappe le monde entier, pas question pour le cycliste de rebrousser chemin.

Les aventures de François Lemancel sont à suivre sur sa page Facebook.

Il poursuit son aventure, presque seul au monde. Il savoure les changements de paysage, ressent les éléments. « Dans ta voiture, tu mets la clim ou le chauffage, ce n’est pas le même charme. » Durant un an et demi, il va passer de culture en culture en prenant le temps d’aller au plus près des habitants. « Le vélo attisait la curiosité. Pour moi, c’est le meilleur vecteur de rencontres. Je ne me suis jamais senti en danger, ça a juste confirmé que l’humanité est plutôt bonne. »

Pour casser la solitude, François Lemancel partage son expérience sur les réseaux avec d’autres voyageurs à vélo. Il y a ceux qu’il va croiser sur la route et ceux qui sont déjà des amis fidèles, sans qu’il ait eu besoin de les voir en vrai. Après cette traversée de l’Europe, le cycliste prend l’avion pour la première fois de sa vie direction l’Ouganda, en Afrique. En huit mois, il découvre la Tanzanie, la Zambie, la Namibie.

Le photographe va capter ces quelques moments magiques au milieu du désert, en se faisant, de temps en temps, de nouveaux compagnons de route. « Les hippopotames, la nuit, c’était presque mes colocataires alors il fallait que je les connaisse un minimum. Au bout de deux, trois semaines, tu fais partie de la nature, du paysage. »

Il finit son aventure par l’Afrique du Sud et profite de la réouverture des frontières pour s’envoler vers l’Australie en janvier 2022. Le cycliste raccroche son vélo pour faire un passage en Nouvelle-Calédonie et retrouver sa famille. Il travaille actuellement dans une ferme laitière australienne avec un nouvel objectif en tête : rallier la France à vélo dès l’année prochaine. Au programme, descendre la Murray River en canoë avant de prendre un bateau à Darwin et filer en Indonésie. Encore deux ou trois ans de voyage. Histoire de boucler la boucle.

Edwige Blanchon

Photo : Pour François Lemancel, voyager à vélo est accessible à tout le monde, même pour les non sportifs. © François Lemancel

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