Face au relâchement, un couvre-feu à Dumbéa

Confronté à des regroupements et débordements de plus en fréquents la nuit, le maire de Dumbéa a instauré un couvre- feu durant une semaine à partir de lundi afin de faire respecter le confinement. Une première dans le cadre de la crise du Covid-19 en Nouvelle-Calédonie.

Si le haut-commissariat n’a, pour l’instant, pas jugé nécessaire d’instaurer une telle mesure à l’échelle du territoire, plusieurs maires y réfléchissent. À Dumbéa, le premier édile, Georges Naturel, en concertation avec la commissaire déléguée de la province Sud, a franchi le pas en choisissant d’utiliser ses prérogatives pour instaurer un peu plus de sévérité dans sa commune.

Il a pris un arrêté qui instaure un couvre-feu jusqu’à lundi prochain, 13 avril, 23 h 59 inclus. Il est donc strictement interdit de circuler entre 22 h et 5 h du matin à l’intérieur et à moins de 200 mètres de certaines zones. Seules sont exemptés les professions prioritaires, les personnes nécessitant une assistance médicale d’urgence et leurs accompagnants.

La nécessité d’aller plus loin

Georges Naturel justifie cette décision par le relâchement observé dans certains quartiers sur la deuxième semaine de confinement. « La première semaine s’est bien passée, puis il y a eu de plus en plus de regroupements. On a fait de la pédagogie, mais je sentais qu’il y avait un besoin d’aller plus loin », explique-t-il. La police municipale est intervenue en particulier sur des regroupements à Dumbéa Centre, Dumbéa-sur- Mer… Et parfois ces rassemblements ont abouti à des rixes, du tapage nocturne, de l’ivresse publique et manifeste et des nuisances diverses.

En cette période de crise sanitaire, le couvre- feu doit permettre de faire respecter une fois pour toutes les mesures prises par le haut-commissariat et le gouvernement : le confinement, la distanciation des personnes, toujours dans l’objectif de limiter le risque de propagation du Covid-19. « L’idée est vraiment de faire comprendre aux gens que c’est indispensable, que c’est le seul moyen de combattre ce virus ! », martèle Georges Naturel.

Périmètre 

Le maire se devait de définir une plage horaire. Il a été décidé de choisir une heure assez tardive le soir, 22 h, « pour permettre aux activités économiques de fonctionner jusqu’au bout ». Il a aussi fallu délimiter le périmètre concerné, le couvre-feu ne pouvant pas être appliqué à la municipalité dans son ensemble. Les zones ont donc été déterminées en liaison avec les rapports de police (lire plus bas).

Bonne nouvelle, ce couvre-feu a été « immédiatement suivi d’effets ». Mais les forces de l’ordre restent vigilantes et procéderont à des verbalisations. Les amendes sont similaires à celles du non-respect des mesures de confinement et des peines peuvent également être prononcées en cas de récidive. Le maire assure qu’un suivi sera effectué « au jour le jour » et se réserve la possibilité d’étendre cette mesure à d’autres quartiers voire de prolonger le couvre-feu si le confinement l’est également.


Quelles zones ?

Sont concernées par le couvre-feu : la zone d’aménagement concertée du centre urbain de Koutio, les quartiers SIC, Jacarandas 1 et 3, Palmiers, les lotissements Koutio- Secal, collines d’Auteuil. Ces zones sont complétées par certaines rues et avenues : les avenues de la Tonghoué, d’Auteuil, de la Vallée, du Centre, Victor Hugo, Numa Joubert, la place Sagato, l’impasse Pierre Voyer, les rues Jacques Cartier, Jean-François Lapérouse. Et enfin, les espaces publics des résidences suivantes : Mangaréva, Timanu, Tikopia, Koutio Central, Ataloya, Central Garden, Cassia et Melaleuca, Arawa, Takutéa, Macaranga, Ylang, Ile Dié, Piditéré, Orona, Apolima.

C.M

©M.D.

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