Explorer les maillons de la chaîne alimentaire de l’océan

L’Alis, le navire océanographique de l’IRD basé à Nouméa est en mer pour la campagne Nectalis 5. À son bord, des scientifiques collectent de nombreuses données pour caractériser le domaine pélagique océanique dans le cadre du projet Biopelagos.

C’est équipé d’un énorme filet dont l’ouverture fait plus de 100 m2 qu’une équipe de scientifiques de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et de la Communauté du Pacifique (CPS) explore depuis une quinzaine de jours les eaux du large de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna dans le cadre de la mission Nectalis 5.
Les chercheurs collectent des données et échantillonnent des spécimens comme les thons et certains mammifères marins afin de mieux comprendre le domaine pélagique de l’océan. Comme l’expliquent les scientifiques de l’IRD : « Difficile d’accès car éloigné des côtes, le domaine océanique reste méconnu alors que les enjeux de gestion y sont importants : gestion des ressources marines, en thons notamment, mais aussi la conservation de zones naturelles exceptionnelles » comme l’archipel des Chesterfield dans le parc naturel de la mer de Corail de Nouvelle-Calédonie ou les nombreux monts sous-marins dans les eaux de Wallis et Futuna.

Le projet Biopelagos

La mission Nectalis 5 fait partie d’un vaste projet baptisé Biopelagos. Ce projet a été lancé par la CPS et l’IRD en juin dernier et contribue à une meilleure gestion et conservation de la biodiversité de l’écosystème pélagique océanique en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna. Biopélagos, d’une durée de 3 ans, vise à apporter un soutien scientifique et technique aux deux territoires « pour qu’ils puissent prendre des décisions de gestion et de conservation en ayant les meilleures informations possible » expliquent les responsables du projet, comme Valérie Allain, chargé de recherche halieutique à la CPS et Christophe Menkes et Eric Vidal de l’IRD. « Ce projet comporte trois axes : l’acquisition de nouvelles données, la formation d’étudiants et l’information du public et enfin une synthèse des connaissances et conseils. » Concrètement l’équipe scientifique s’attache dans le projet Biopelagos à caractériser la dynamique et la chimie des océans en étudiant les courants, la température et la salinité de l’eau, mais aussi la biologie en examinant les diverses espèces du phytoplancton, du zooplancton et du micronecton. Des mesures acoustiques permettront d’estimer les quantités de micronecton (micro-organismes marins) qui évoluent entre la surface et 600 m de profondeur et de connaître leur distribution spatiale, alors que l’utilisation du grand filet de collecte, utilisé actuellement par l’Alis, permet de ramener les organismes à la surface, de les identifier et d’en étudier la biodiversité. Une autre partie importante de ce travail concernera les oiseaux marins qui constituent de véritables « sentinelles » des océans. Les connaissances sur leurs déplacements en mer en quête de nourriture restent pour l’heure très limitées. Des opérations de marquage de pétrels et de puffins vont être menées dans les deux territoires. Équipés de petits GPS les oiseaux informeront sur leurs zones de nourrissage privilégiées.

Un rôle d’apprentissage

L’acquisition de ces nouvelles données offre l’opportunité de former les étudiants aux différentes techniques utilisées et aux analyses de données. Une étudiante va par exemple faire sa thèse pendant Biopelagos et des opportunités de stages sont offertes pour des étudiants en Master ou à d’autres niveaux universitaires sur la durée du projet. Nectalis 5 et Biopelagos, c’est également une information auprès du jeune public avec notamment des interventions pendant la fête de la science, mais aussi des accueils de classe pour une initiation à ce qu’est la biodiversité océanique. Selon la CPS : « Ce projet d’importance sera enfin l’occasion de réaliser une synthèse de tout ce qui a pu être récolté et analysé concernant le projet, allant de la physique de l’océan au phytoplancton ou du zooplancton, aux prédateurs supérieurs » Le but de cette synthèse sera de comprendre comment l’écosystème océanique fonctionne et par conséquent les zones de nourrissage des thons et des oiseaux. Des travaux qui seront ensuite présentés et discutés avec des décideurs et des représentants d’institutions de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna dans un but de gestion de conservation.

C.Schoenholtzer

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