Ethnobotanique : Les savoirs traditionnels pour tous

Les représentants de l’IRD, du Sénat coutumier et de l’ADCK étaient réunis, vendredi 18 mars, au Centre culturel Tjibaou, afin de signer un partenariat. L’idée est de permettre un retour des savoirs traditionnels collectés par l’IRD à la Calédonie et sa population.

Mille fiches, 500 recettes… Non, ce n’est pas l’anthologie de la cuisine calédonienne mais le fruit d’un travail de collecte des savoirs traditionnels en matière ethnobotanique. Pendant près de huit ans, entre 1974 et 1982, Dominique Cortadellas-Bourret a sillonné le territoire afin de répertorier les plantes de la pharmacopée kanak et leurs usages. Hormis son utilisation pour la publication de l’ouvrage Les bonnes plantes de Nouvelle-Calédonie et des Loyauté de Dominique Bourret elle-même, ce savoir, aussi important du point de vue scientifique que culturel, dormait depuis des années dans les placards de l’IRD.

Le partenariat passé entre l’Institut de recherche pour le développement, l’Agence de développement de la culture kanak et le Sénat coutumier a précisément pour objectif de dépoussiérer ces connaissances précieuses et de les rendre accessibles à la population par le biais de la recherche. Concrètement, les plus de 1 000 fiches appartenant à l’IRD ont été transmises au département Patrimoine et recherche de l’ADCK.

Aller-retour du savoir

Tout le monde y trouvera son intérêt, tant les chercheurs, dont le travail sera mis en valeur, que le public au travers de l’utilisation de ces savoirs pour des publications ou d’autres applications grand public. « Les chercheurs ont une responsabilité sociale et sociétale de retourner les savoirs aux gens qui les ont instruits », a en particulier souligné Jean-Marc Châtaigner, directeur général délégué de l’IRD, qui a profité de son passage en Nouvelle-Calédonie pour signer le document.

Un argument en phase avec la position du président du Sénat coutumier qui tenait tout particulièrement à être présent pour cette transmission très symbolique. « Des personnes ont confié un morceau de leur savoir sur ces plantes. Ce geste est une reconnaissance de l’importance de ces savoirs, insistait Gilbert Téin. Et par le biais de l’IRD et de l’ADCK, ce savoir peut- être restitué au peuple kanak. Il est important que la culture d’ici doit d’abord être partagée par les gens d’ici. »

Un partenariat pour les futurs projets

C’est tout l’objectif du projet de loi déposé par le Sénat coutumier au Congrès en avril 2015. Une loi que le président du Sénat espère voir adopter rapidement par la représentation du peuple calédonien. Comme l’a rappelé le directeur général délégué de l’IRD, il existe une autre piste pour protéger ces savoirs. Le Congrès et les provinces pourraient également transposer sur le territoire le protocole de Nagoya (le protocole pour objectif un juste partage des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques et, par extension, des savoirs traditionnels).

Mais au-delà du travail de Dominique Cortadellas-Bourret, l’engagement implique un travail conjoint des trois parties sur les futurs projets de recherche. « S’il y a un travail sur le patrimoine, cela signifie que nous apporterons notre aide et en retour, si nous avons besoin de développer des recherches sur un sujet particulier, nous pourrons solliciter l’IRD », note Emmanuel Tjibaou, le directeur de l’ADCK.

M.D.

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Le livre Les bonnes plantes de Nouvelle-Calédonie et des Loyauté de Dominique Cortadellas-Bourret est téléchargeable sur le site de l’IRD au lien suivant :

http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_ textes/divers11-11/01771.pdf

 

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