Emmanuel Macron : « La Nouvelle-Calédonie restera donc française »

Le chef de l’État a pris acte, dimanche soir, des résultats de la troisième consultation et a prononcé un discours particulièrement solennel.

Dans son allocution, Emmanuel Macron s’est placé en « garant des institutions », en chef de la nation, avec des promesses de protection et d’accompagnement, « quelles que soient les circonstances », au sein de la « patrie ». Très rassurant pour les partisans du maintien dans la France. La posture était plus ferme qu’à l’accoutumée, ne laissant aucune place à d’autres interprétations sur les résultats. À deux moments a-t-il tout juste évoqué la réalité électorale, reconnaissant « la forte abstention » et le fait que « le corps électoral reste profondément divisé, malgré le passage des années ». Prenant en compte les résultats des trois référendums, « la Nouvelle-Calédonie restera donc française, a-t-il déclaré. Les Calédoniens et les Calédoniennes ont choisi de rester français et l’ont décidé librement » et « l’Accord de Nouméa est arrivé à son terme juridique ».

Ce choix, a-t-il ajouté, est une « fierté » et une « reconnaissance ». « La France est fière d’être votre patrie. » Le Président a pris soin de rendre hommage aux hommes du passé pour le processus engagé, Jacques Lafleur, Jean-Marie Tjibaou et Michel Rocard, et s’est adressé aux Calédoniens d’aujourd’hui avec comme fil conducteur, les termes de « respect et humilité », un vocable décidément plébiscité durant son mandat. Il a également eu une pensée pour ceux ayant perdu un proche dans la crise sanitaire, celle qui impliquait selon les indépendantistes que l’on repousse l’échéance. Celle durant laquelle la nation a montré son vrai visage avec solidarité, respect et fraternité, a dit le Président.

Il s’est aussi placé dans « une histoire qui se souvient sans ambiguïté de ce qu’elle doit aux Kanak, peuple premier, dont la présence au sein de la communauté nationale est une chance inestimable » et qui reconnaît « sans faux-semblant, l’apport des Calédoniens arrivés ensuite sur le territoire ».

Un projet commun et ambitieux

Sans être aussi explicite, le chef de l’État a ébauché le calendrier qu’est venu proposer Sébastien Lecornu et qui renvoie, on le sait désormais, les discussions institutionnelles après l’élection présidentielle, comme souhaité par les indépendantistes.

En attendant, dans les prochaines semaines, l’État et les institutions locales devront travailler sur plusieurs sujets d’urgence : la situation économique, sanitaire, la relance, l’équilibre des comptes publics. Puis il faudra établir un nouveau modèle de croissance avec, en ligne de mire, « la nécessaire réduction des inégalités qui fragilisent l’unité de l’archipel, notre devoir à l’égard de la jeunesse calédonienne, la stratégie du nickel, l’autonomie alimentaire et énergétique, le foncier, la fiscalité, une croissance plus juste et plus respectueuse de la nature » ou encore « la situation des femmes calédoniennes ».

Il faudra enfin, a dit Emmanuel Macron, construire une place pour la Nouvelle-Calédonie dans la région indo-pacifique, « en pleine recomposition et soumise à de fortes tensions ».

Pour terminer, le Président a revisité sa phrase prononcée pour la première fois en mai 2018 au théâtre de l’Île : « Ce soir, la France est plus belle, car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester. » Après avoir organisé durant sa mandature les trois référendums prévus par l’Accord de Nouméa, le président de la République a donc clos un processus long de trente ans. Pour certains, la mission est remplie. Pour d’autres, il y a un sentiment de gâchis. Et à l’aube de la présidentielle, ses adversaires en font déjà un sujet de campagne. La suite de l’histoire reste à écrire.

 

Chloé Maingourd (© Capture d’écran)

 

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