Élection du 17e gouvernement en deux temps

Après la démission des membres indépendantistes de l’exécutif, le Congrès est convoqué en séance publique, mercredi 17 février, pour procéder à l’élection du 17e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Avant cela, les élus se réunissent, ce jeudi, pour fixer le nombre de membres.

Comme le précise la loi organique, conformément à l’article 121-III, le président du Congrès avait quinze jours pour convoquer les élus afin d’élire de nouveaux membres du gouvernement. C’est chose faite. L’opération doit se faire en deux temps. Les élus du Congrès doivent d’abord fixer le nombre de membres, puis procéder à l’élection du prochain exécutif.

Vendredi dernier, le président du Congrès, Roch Wamytan, a donc déposé un projet de délibération fixant à onze le nombre de membres du gouvernement. Les élus du boulevard Vauban ont été convoqués en séance publique, ce jeudi à 9 heures, dans l’hémicycle de la province Sud pour examiner cette proposition. Après cette première étape, les 54 élus du Congrès se retrouveront le 17 février, à 15 heures, pour procéder à l’élection du nouveau gouvernement.

Quelle composition ?

Aujourd’hui, on se demande bien quelle sera la composition de ce 17e gouvernement. Les indépendantistes ont été clairs : leur initiative est liée à la crise de confiance au sein de l’exécutif, fortement accentuée par le dossier de l’usine du Sud. Sans compter un budget primitif 2021 non voté et l’absence d’un dialogue constructif avec l’État sur la consultation référendaire. Une décision « incohérence et irresponsable », selon les Loyalistes, qui s’inscrit dans une « politique de terre brûlée » faisant peser « un immense risque » économique et social à toute la Nouvelle-Calédonie.

Le prochain gouvernement risque d’être à l’image de la répartition du Congrès, avec une large majorité d’indépendantistes si ces derniers obtiennent le soutien de Calédonie ensemble et de l’Éveil océanien. Reste à savoir, si tel était le cas, ce que les Loyalistes feront. Oseront-ils ne pas faire partie du futur gouvernement et laisser les indépendantistes montrer de quoi ils sont capables dans la gestion du pays ? Présenteront-ils quatre candidats en sachant qu’ils auront vraisemblablement les secteurs que personne ne souhaite, comme le transport ou la santé, qui vont rapidement être la cible de mouvements sociaux compte tenu de la situation économique et sociale actuelle ?

Où est la démocratie ?

Avec l’élection de ce nouveau gouvernement, on est en droit de se demander où la démocratie est passée. Alors que par deux fois, en deux ans, les Calédoniens ont voté non à l’indépendance, le pays se retrouve avec un Congrès à majorité indépendantiste et à l’aube d’un probable gouvernement tout aussi indépendantiste. Et par la faute de qui ou plutôt de quoi ? D’une loi organique et d’un accord qui n’est plus en adéquation avec la réalité politique et démographique de la Nouvelle-Calédonie.

À cette heure-ci, rien ne sert de tirer des plans sur la constitution du prochain gouvernement ou du nom de son président, tant que le « dossier » ne sera pas entériné par le vote des élus du Congrès. Mais comme pour l’élection du 16e gouvernement, on sait déjà que les attentions seront tournées vers Calédonie ensemble qui pourrait jouer le jeu du FLNKS, mais surtout vers l’Éveil océanien qui fera au choix, le jeu des indépendantistes ou des Loyalistes.

Le parti de Milakulo Tukumuli a rappelé, ces derniers jours, que des accords avec l’Avenir en confiance, puis avec l’UC-FLNKS avaient permis de partager des responsabilités et garantir une stabilité institutionnelle au pays. Roch Wamytan devenait ainsi président du Congrès et Thierry Santa du gouvernement. En sera-t-il de même pour le 17e ? Que va faire l’Éveil océanien et en échange de quoi ? Les paris sont ouverts. Ce qui est certain, c’est qu’après avoir offert trente années aux élus locaux pour tenter de trouver la voie de l’autonomie et du compromis, le territoire est aujourd’hui enlisé, plus que jamais, dans une impasse. La crise est totale, institutionnelle, politique, économique et seul l’État semble être capable de nous sortir de la « chienlit » avant que tout explose !


Les Loyalistes veulent un pacte de gouvernance

Dans un communiqué, les Loyalistes proposent aux formations politiques, qui partagent l’objectif « de servir les populations dans l’intérêt général, de constituer un pacte de gouvernance partagée pour le 17e gouvernement ». Cette démarche, selon eux, devra se faire sur un projet fondé et non sur la base d’une répartition de postes. Les Loyalistes proposent, par conséquent, un projet sur « la préservation de la santé des Calédoniens et d’un retour à la croissance économique » qui s’engage à « protéger les Calédoniens en poursuivant la stratégie menée contre l’introduction de la Covid-19 et à rétablir les comptes publics en établissant un plan d’économies à la fois sur les collectivités et sur les dépenses de santé et en se fondant sur les bonnes retombées fiscales, liées à la mise en place des mesures de soutien à l’économie ».

Dans ce pacte de gouvernance, ils proposent également « un nouveau plan de relance fondé sur la consommation, l’investissement, la simplification et la concurrence et de favoriser le sauvetage des entreprises métallurgiques et les emplois (directs et indirects) qui y sont liés et adopter les textes visant à favoriser la valorisation de la richesse calédonienne ». C’est donc sur la base de ces orientations que les Loyalistes lancent un appel aux autres formations afin de garantir ce pacte.

D.P.

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