Les deux dates s’enchaînent, ou presque, et se parlent. Jeudi 8 mai, devant un mur de dessins kanak chers aux beaux bambous gravés, le ministre d’État des Outre-Mer, Manuel Valls, a confirmé, au pupitre du haut-commissariat, ce que tant redoutaient depuis le matin. « Nous devons constater avec franchise qu’aucun accord n’a été conclu » sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Le « conclave » de Deva avec le ministre ainsi que les forces politiques non-indépendantistes et indépendantistes s’est soldé par un échec. Le territoire plongeait encore plus bas dans une incertitude pesante. Cinq jours plus tard, le 13 mai, un triste anniversaire était immanquable. Un an plus tôt, un déchaînement de violences sur fond d’opposition à la réforme du corps électoral provincial frappait Nouméa et ses communes périphériques.
Cette semaine, le FLNKS et la CCAT ont appelé au calme. Dans les quartiers et sur les routes, 2 600 forces de l’ordre étaient tout de même déployées. Les 8 et 13 mai se regardent, en fait, et invitent non seulement à ne pas reproduire des erreurs, mais surtout à trouver des solutions pour l’avenir. Quoi qu’en pensent des partis, les Calédoniens sont lassés par tant de discussions improductives, bien souvent menées par des calculs cachés.
Plus encore, des indépendantistes hier et des loyalistes aujourd’hui n’ont pas hésité et n’hésitent pas à « taper » tantôt sur l’État, tantôt sur un ministre. Sauf qu’à Paris et à Nouméa ces dernières années, un leitmotiv circulait dans les discours : la solution d’avenir viendra des représentants politiques calédoniens, parce que cette solution sera propre à un archipel qui a déjà brillé par son originalité.
Eh bien, non. Pas cette fois encore. La voie n’a pas été ouverte par les élus calédoniens. L’État, qui n’était pas exempt de tout reproche début 2024, a proposé, cette fois peut-être avec une mauvaise stratégie, un projet… qui n’a pas fait consensus. Cette République, qui a versé tout compris plus de trois milliards d’euros en Nouvelle-Calédonie en 2024, compte aussi certainement sur le sens des responsabilités des élus.

