[ÉDITO] Un éternel recommencement

Une délégation transpartisane conduite par le président du gouvernement Milakulo Tukumuli est donc à Paris pour « porter la voix de la Nouvelle-Calédonie », selon les mots de la présidente du Congrès, Virginie Ruffenach. Au programme, des rencontres avec le ministre des Comptes publics, la ministre des Outre-mer, les présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale. Il s’agit de négocier une aide financière de l’État. « Notre message est clair : la Nouvelle- Calédonie prend ses responsabilités, mais elle ne pourra se relever seule. » Le territoire a engagé certaines réformes et l’État doit prendre sa part de responsabilité puisqu’il n’a pas su, un temps, défendre les Calédoniens. Un soutien financier massif, à nouveau, est attendu.

Le FLNKS n’a pas souhaité participer au déplacement de la délégation. Le Front s’estime, en effet, ostracisé de la direction des institutions et écarté des prises de décision. Et puis la mission était, selon les cadres indépendantistes, sans objectifs clairement énoncés.

Pendant ce temps-là, le président du Front, Christian Tein est à Koror, aux Palaos, avec les dirigeants, ministres et représentants du Groupe Fer de lance mélanésien, à l’occasion du Forum des îles du Pacifique auquel participe Alcide Ponga pour le gouvernement. Les dirigeants du GFLM ont approuvé une feuille de route de soutien au FLNKS pour « une action diplomatique coordonnée en faveur d’une décolonisation pacifique et reconnue au niveau international ». Le groupe demande également l’ouverture d’un nouveau processus politique « de conception kanak et d’esprit mélanésien » et une nouvelle mission de responsables du FIP en Nouvelle-Calédonie afin de prévenir de nouvelles violences. Les occasions de voir tout le monde autour de la table ces dernières années ont finalement été bien peu nombreuses. Et on est reparti vers les travers habituels.