[ÉDITO] Un coude à coude à prendre au sérieux

Les électeurs calédoniens ont voté. Enfin, pas tous, en ce dimanche 28 juin déterminant. L’abstention, ennemie de la démocratie, a encore pris du poids. Lassitude devant une représentation politique jugée improductive, colère face à un quotidien de plus en plus détérioré, défiance envers des élus accusés de manœuvres incessantes… Tout y passe pour justifier l’abandon du bulletin de vote. Le taux de désertion de l’isoloir grimpe, et grimpe encore, à 36,3 % cette fois. Un malaise est bien là. Les nouveaux conseillers du Congrès doivent y penser.

Un second enseignement relève de l’arithmétique. La répartition des suffrages exprimés lors de ces élections provinciales 2026, par sensibilité politique à l’échelle territoriale, offre un panorama saisissant. 21 268 voix se placent sur les listes du centre. Les partisans d’une voie alternative sont de plus en plus nombreux à s’exprimer. Pas étonnant, après le chaos de mai 2024 suivi d’un choc économique. Surtout, les indépendantistes récoltent 49 931 enveloppes et les non-indépendantistes s’en attribuent 49 230. Les blocs traditionnels sont toujours là et au coude à coude.

Ce rapport de force n’est pas sans rappeler celui de la deuxième consultation d’autodétermination, le 4 octobre 2020. Les uns et les autres naviguant autour des 50 %. Le face-à-face se poursuit. Qu’en conclure ? Les trois référendums ont produit un résultat en faveur du maintien de la Nouvelle- Calédonie dans la République française. Mais l’autre aspiration, dont le poids a été confirmé une nouvelle fois dimanche, ne peut être écartée de la conclusion sur l’avenir institutionnel. Punir l’un pour favoriser l’autre conduira au conflit. Le dialogue, clé des accords, doit primer. Les voix centristes témoignent justement de cette volonté de conciliation.