[ÉDITO] Un accroc pour commencer

Les élections provinciales se sont tenues, après trois reports, dimanche 28 juin. Les élus du Congrès ont désigné les onze membres du 19e gouvernement vendredi 31 juillet. Et, lundi 24 août, le président de l’exécutif, Milakulo Tukumuli, a prononcé sa déclaration de politique générale. Un discours tourné vers les foyers et institutions du territoire, mais aussi vers les services financiers parisiens de l’État. Ces grands argentiers verront arriver une délégation calédonienne dite « transpartisane », à partir du 1er septembre, avec un message simple au bord des lèvres : la Nouvelle-Calédonie a besoin de fonds, à nouveau.

Le FLNKS ne sera pas du voyage. Parce que les griefs sont nombreux. À commencer par le fait, d’après la coalition, de ne pas avoir été invité à la préparation de ce déplacement vers la capitale. « On n’est plus du tout dans l’esprit collégial et solidaire » promu par l’accord de Nouméa, a tancé, mercredi 26 août, Christian Tein, président du Front. L’indépendantiste a déploré la répartition totalement déséquilibrée, selon lui, des portefeuilles au sein de l’exécutif et l’attribution de la vice-présidence à un représentant de la majorité Éveil océanien-Loyalistes-Rassemblement-LR, contrairement à l’usage de partage. « La moitié de l’électorat calédonien est indépendantiste, mais on est complètement tenus à l’écart du fonctionnement des institutions », a attaqué Marie-Pierre Goyetche, élue Kanaky NC du Congrès, qui a aussi écouté la déclaration de politique générale, « nous n’y avons été nullement associés ».

Pour le FLNKS, la collégialité a volé en éclats et l’État est partial. « Attention ! a clamé Roch Wamytan, Nous allons dans le mur ». À peine lancé, le navire du gouvernement tangue. Le président, Milakulo Tukumuli, a promis de l’écoute. Le cap est mis, la grogne s’élève déjà, et la houle des réformes n’est pourtant pas encore en vue.