Les dés seront jetés ce dimanche dans les 33 communes de Nouvelle-Calédonie pour le premier tour des élections municipales. Les 220 624 électeurs intéressés ont pu être surpris durant la campagne par au moins deux phénomènes peu habituels, ici, dans ce type de rendez-vous électoral de proximité. Par endroits, surtout dans le Grand-Nouméa, un ton agressif a traversé les discours et les débats.
Sans doute parce que, second point, ce scrutin communal est considéré comme un véritable tour de chauffe avant des élections provinciales autant capitales que repoussées depuis 2024 pour des raisons d’apaisement ou techniques.
Le FLNKS et l’Union calédonienne n’ont pas caché leur intention de fairede ce vote un match pour imprimer la marque indépendantiste et leur opposition à l’accord de Bougival et à son complément Élysée-Oudinot. Tandis que Les Loyalistes ont appelé à soutenir avec force un « vrai » candidat non- indépendantiste, point final. D’autres enjeux apparaissaient très vite derrière l’urne.
Le Palika sortira-t-il indemne de sa division interne, entre les pro et les anti-Bougival ? La figure historique du mouvement, Paul Néaoutyine, ayant émis plus que des réserves sur le texte. Le parti Calédonie ensemble parviendra- t-il aussi à survivre après ce test ?
En outre, l’UC et le FLNKS nouveau format seront-ils véritablement soutenus dans l’isoloir après le chaos des émeutes de mai 2024 que la CCAT est accusée d’avoir organisé ? Enfin, Les Loyalistes aux propos très acides durant ces dernières semaines, se sont fortement impliqués dans la préparation de ces élections dans le Grand-Nouméa. Mais la mayonnaise très politique prendra-t-elle sur un terrain d’ordinaire bon enfant ?
Une certitude, ces municipales laisseront des traces. Le poids des couleurs politiques au lendemain du dimanche 22 mars, puisqu’il en est
ainsi, stimulera ou non les mouvements en vue des provinciales. Quoi qu’il en soit, un échec est déjà constaté.
Le rapprochement des sensibilités voulu par les accords historiques n’a vraiment pas pris racines durant la campagne. Pire, dans la périphérie de Nouméa, cet esprit s’est envolé.

