Quand l’ombre du sapin de Noël apparaît dans le foyer, le réflexe est de regarder dans le rétroviseur, histoire de se remémorer en famille l’année écoulée autour des crevettes et letchis. Et que voit-on ? Du brouillard, un peu d’empoignades, des visages fermés, mais du courage et de la solidarité. En un mot, 2025 n’a pas été sereine.
Les raisons sont connues malheureusement : difficultés à retrouver un travail après le fracas des émeutes de mai 2024, augmentation de la précarité, vivre-ensemble abîmé, départs de collègues ou de copains hors de la Nouvelle-Calédonie… Sur le plan institutionnel, tout n’a pas été rose. Le territoire n’a plus un sou et est désormais accro aux subsides de l’État.
La faute à l’insurrection de l’an dernier, certes, mais aussi à la réelle fragilité des comptes publics avant la contestation du projet de dégel du corps électoral, et à l’absence de réformes indispensables pourtant promises au Congrès. L’après-accord de Nouméa paraît lui aussi mal en point, à ce stade. Un tour à Deva, une concertation à Bougival, néanmoins, rien n’est conclu définitivement au Parlement, et ne soulève encore un consensus fort.
Les groupes politiques se renvoient la balle, de chaque côté de la table. Le Président, Emmanuel Macron, a sifflé en faveur d’une reprise des discussions à Paris, mi-janvier. Il faut croiser les doigts. 2026 sera une année paradoxale. Alors que d’ordinaire, la perspective des élections « gèle » bien des développements en raison de la longue propagande et des rotations dans les mairies, la Nouvelle-Calédonie devra, bien au contraire, saisir toutes les opportunités de rebond. Pas trop le choix. Tant sur les plans économique et financier que politique et social.
Les habitants sont prêts, les chefs d’entreprise aussi. L’abattement ne peut être une voie pour les jeunes dans un territoire en construction et en reconstruction. Les politiques devront être au niveau. Les municipales et provinciales auront, dès lors, plus que jamais, valeur de tests de confiance.
Ce numéro est le dernier de l’année.
Nous vous donnons rendez-vous en 2026. Bonne lecture et joyeuses fêtes !

