[ÉDITO] Réalisme

« Il n’y aura pas de place pour le rêve. » Sonia Lagarde, candidate à nouveau à la mairie de Nouméa, affirme qu’elle ne fera pas de promesses qu’elle ne pourra pas tenir, que les difficultés budgétaires seront encore plus importantes en 2026. Il est clair que ce ne sera pas l’année de la résurrection en Nouvelle-Calédonie. Le pays est trop abîmé. La précarité, les difficultés ne sont pas derrière nous. Le réalisme devra donc dominer partout dans cette campagne pour les municipales qui approchent.
On aimerait aussi du calme, mais c’est mal connaître la politique d’autant que trois votes à grands enjeux sont prévus cette année. Les collaborateurs ont commencé leur travail de sape sur les réseaux sociaux, il y a et il y aura des attaques, des trahisons, des coups bas. Des pages sur Facebook ont même été créées dans cet objectif. Et le dialogue, globalement, risque de se durcir.
Les Calédoniens ont observé une telle ambiance ces dernières années et finalement subi. Espérons qu’ils sauront garder la tête froide et ne pas creuser le fossé qui les sépare les uns des autres. 2026 sera d’ailleurs une année paradoxale : alors que les décideurs doivent afficher toute leur sérénité pour éviter le naufrage du territoire, les enjeux politiques attiseront l’agressivité des états-majors des partis. Tous les ingrédients seront réunis pour remettre en route le Comité des sages, vigie du débat public.
Ces rendez-vous électoraux sont aussi l’occasion de se prononcer et de voir des mandats longs et difficiles se terminer. On doute, en revanche, pour l’heure, d’un grand renouvellement de la classe politique, même si chacun dit vouloir faire place aux nouveaux. On retrouve du monde, et parfois pas sous la même bannière… C’est flagrant pour l’instant chez les non-indépendantistes qui, pour certains, n’ont vraiment pas peur de se renier !