[ÉDITO] : Quelle desserte pour les îles ?

Les difficultés demeurent depuis des années. L’aérien fonctionne, mais la compagnie Air Calédonie se retrouve régulièrement confrontée à des blocages d’usagers et à des mouvements de grève. Et les billets sont chers. En revanche, les avions d’Air Loyauté restent souvent cloués au sol. Bélep n’en a que très peu vus ces trois dernières années. Le redémarrage de la rotation du jeudi, le 10 août 2023, après deux ans d’interruption, aura été de courte durée, suspendue à nouveau faute d’appareil utilisable, avec un vol en octobre, un en décembre, puis plus rien. Les conséquences se font, entre autres, sentir sur les interventions du personnel médical au dispensaire, qui ne peuvent rester que quatre heures sur place. Tiga est coupée du monde.

L’annonce de Jacques Lalié, président de la province des Loyauté, de se tourner vers le privé pour le maritime aura peut-être au moins eu un mérite : celui de remettre le sujet au centre des préoccupations. Et de relancer le débat. Le transport doit-il être géré par le public, le privé, les deux ? Et comment ? Si, pour l’aérien, la compétence est du ressort de la Nouvelle-Calédonie, qu’en est-il pour le maritime ? L’interîles, comme Tiga, doit-il dépendre de la commune de Lifou, de la province des Îles ? Et l’interprovinces, entre les Loyauté et Nouméa, émane-t-il des îles, du territoire ?

« Une conception globale de ce qu’on veut pour la desserte dans les îles » est nécessaire, estime une employée de SudÎles, car « il n’y a aucune logique, on finance des avions qui ne volent pas et on ferme la seule société de transport qui fonctionne à plein régime [par rapport à Air Loyauté et Mélita, NDLR] ». Or, le bon fonctionnement de la desserte est vital pour l’avenir des îles et leur développement, pour celui du pays, avec notamment le tourisme (80 % des passagers pour l’Île des Pins sont des visiteurs). Il est sans doute temps de créer ce syndicat qui serait en charge des transports maritimes, comme il en est question depuis si longtemps. Et que l’ensemble des acteurs se mettent d’accord pour proposer un vrai schéma cohérent au service des Calédoniens. Le moment est propice, alors que les élus réfléchissent à redéfinir la répartition des compétences.