[ÉDITO] Puissants outils de campagne

Top départ. L’accord entre partis politiques et la création de mouvements sur l’échiquier, doublés de discours abrasifs lors de l’examen de la proposition de loi organique sur le corps électoral provincial, ont véritablement lancé la campagne électorale en vue du scrutin du dimanche 28 juin. Chaque élu ou potentiel candidat avance ses pions, contrôle sa parole et ses apparitions publiques, teste ses verbes et idées, construit un calendrier, lance des regards aux électeurs… Ce vote provincial, l’enjeu a été répété mille fois, est capital. Pour l’équilibre au sein des assemblées de province et du gouvernement évidemment, mais aussi la construction de l’avenir institutionnel et la reconstruction de l’économie locale. Si des inconnues demeurent, comme le nom des têtes de liste et le contenu des programmes, la communication, elle s’affûte, avec ardeur.

Les méthodes classiques de propagande, contrôlées par un État vigilant, gagneront la place en temps voulu. Par ici les tracts, par là les affiches, par là-bas les interventions médiatiques, par ailleurs les spots télévisés… Mais le champ des possibles ne s’arrête (surtout) pas là. La campagne électorale se joue aussi beaucoup – les professionnels de la com’ le diront avec emphase – sur
les réseaux sociaux.

Et là, les coups sont durs. Les élections municipales ont été une sorte de répétition avant le grand final du 28 juin. L’examen de la proposition de loi organique sur l’intégration des natifs a déjà donné lieu à de vives critiques à l’égard d’un camp politique sur une page d’un réseau social à la main d’élus radicaux. Des commentateurs s’en sont émus, pointant l’inutilité de pareils écrits propices à une montée de tensions. Ici et là, derrière chaque futur candidat, se cachera un rédacteur de contenu, prêt à côtoyer la ligne rouge, s’il le faut.

Dangereux, pour la vitalité du débat public, la qualité de l’information et la sérénité de la société. L’État veillera, il faut l’espérer.