Après le rejet, le 2 avril, par l’Assemblée nationale du projet de loi constitutionnelle traduisant l’accord de Bougival et portant sur la création d’un État de Nouvelle- Calédonie, le Premier ministre a fait trois propositions : 1/ organiser des élections provinciales pour le 28 juin, avec un corps très élargi prévu par Bougival, et une consultation, 2/ des provinciales incluant le vote des natifs avec un accord de transition ouvrant sur d’autres discussions, et 3/ le statu quo, fin des négociations, poursuite de l’accord de Nouméa et organisation d’élections provinciales (toujours dans le même délai).
Sachant que le FLNKS nouveau ne veut qu’un corps gelé et refuse l’ouverture aux natifs, position qui semblait pourtant faire consensus, et que Les Loyalistes et consorts refusent catégoriquement un corps gelé, on sait vers quel scénario on se dirige. Cette nouvelle impasse est due à la fermeté des deux extrêmes sur laquelle il est inutile de revenir et aussi à la place limitée qu’a pu prendre, pour l’heure, la voie médiane, victime d’un éparpillement de personnalités capables, mais isolées.
C’est également un échec de l’État et du président de la République, qui n’a pas réussi à régler cette question sur deux mandats. Reste donc les élections provinciales qui auront la teneur d’une consultation. Chacun, d’ailleurs, est déjà en campagne. La guerre de pouvoir entre Générations et Les Loyalistes va se faire au grand jour. Le Rassemblement a déjà dégainé en soutenant le parti de Nicolas Metzdorf, sorti la tête haute des municipales, pour tirer une liste unitaire. Sonia Backès appréciera.
À défaut, dit le Rassemblement, il faudra une figure « plus neutre », « incarnant le renouveau » et « capable de fédérer largement ». Du côté de la voie médiane, des discussions sont en cours. Ce courant pourrait émerger, à condition de ne pas recycler des personnalités trop conflictuelles ayant fait leur temps. Chez les indépendantistes, il faudra également se compter et le poids de chacun n’est pas aussi certain qu’avant les municipales, entre la voie la plus ferme du FLNKS nouveau et le Palika, plus ouvert.

