Le gouvernement national a donc envoyé en Nouvelle-Calédonie une mission de trois connaisseurs des affaires locales, des experts chargés « d’appuyer la poursuite du dialogue » avec les forces politiques sur l’avenir institutionnel et, plus précisément, sur le projet d’accord de Bougival. Celui-ci, on l’a compris, est fragilisé de toutes parts, entre le retrait du FLNKS, les doutes de Calédonie ensemble et de l’Éveil océanien et les volontés de l’UNI. L’objectif est donc de « travailler à identifier les éclaircissements et compléments éventuels souhaités par les forces politiques » ou encore de proposer des « ajustements ».
Les défenseurs les plus farouches de ce projet d’accord interrogent les atermoiements des différents partenaires et leur loyauté, mais on se souvient néanmoins que, d’emblée, les uns et les autres avaient insisté sur le besoin d’éclaircir un certain nombre de points et de travailler aussi aux compléments à cet accord (loi organique, loi fondamentale).
D’ailleurs on se demande bien ce qu’a pu comprendre la population sur ce document tant les informations fournies sont lapidaires. Elles ont certes été développées par les partis à leur retour des Yvelines, mais en des termes pas toujours identiques, et parfois partisans. Or les Calédoniens s’y intéressent, veulent comprendre, mais à partir d’une matière neutre et équilibrée pour saisir toutes les subtilités du texte. Se l’approprier donc pour juger en toute bonne foi. Et pour cause, leur avenir se dessine entre ces lignes. Conclusion, le risque est bien là de laisser de côté la population qui pourrait déjà lui vouer un certain rejet ou désintérêt avant même d’avoir compris ce qui est vraiment proposé…

