Tout est allé très vite, finalement.
À peine les clés de Matignon retirées de la poche de François Bayrou, le président de la République a dévoilé le nom du nouveau Premier ministre. Sébastien Lecornu. Un fidèle de chez les fidèles. Macroniste de la première heure. Le seul ministre à siéger au gouvernement national depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017. Un homme de confiance, pour résumer, dont le nom avait déjà circulé il y a neuf mois pour le fauteuil de Matignon. François Bayrou avait été plus persuasif, ou avait à l’époque de plus belles cartes en main pour attendrir les élus de l’Assemblée nationale. Que nenni. Son mandat fut de courte durée. Et Sébastien Lecornu place là son ambition : durer, un peu plus longtemps, notamment pour traiter une part des lourdes contraintes financières de l’État.
L’affaire ne sera pas facile du tout. Par ce choix d’un proche mais aussi ex-Républicains, clairement marqué à droite sur l’échiquier politique, au poste de Premier ministre, Emmanuel Macron tente non seulement de ne pas se désavouer mais aussi de tisser un lien avec le Rassemblement national, tout en gardant une forme d’identité de centre-droit. L’équation sera très compliquée. D’abord parce que le RN voudra à coup sûr jouer sa partie et s’afficher comme un parti solide dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Ensuite, parce que ces calculs excluent les élus de gauche. Le Parti socialiste était d’ailleurs furieux mardi 9 septembre, à la nomination de Sébastien Lecornu.
La question vue de Nouméa est désormais : où placer le dossier calédonien dans tout ce tumulte parisien ? Le projet d’accord de Bougival pourrait être fragilisé par une motion de censure. Le profil du nouveau ministre des Outre-mer est capital. Ce futur locataire de la rue Oudinot devra poursuivre la discussion avec les non-indépendantistes tout en maintenant le dialogue avec le FLNKS. Un Front qui a vertement critiqué la promotion de Sébastien Lecornu.

