[ÉDITO] Le nez dans le mur

Les personnalités politiques, les économistes, tout comme les hommes d’affaires et les administratifs le répètent à longueur de journée : tous les voyants de la comptabilité calédonienne sont dans le rouge vif. De plus en plus soutenu, d’ailleurs. L’Institut de la statistique et des études économiques dépeint le triste tableau.

En 2024, le produit intérieur brut du territoire a enregistré le mauvais record de la plus forte diminution depuis les années 1960 : -13,5 % en volume et -12,6 % en tenant compte des effets prix. « L’essoufflement de l’activité amorcé en 2023 se confirme avant son effondrement au moment des émeutes débutées au mois de mai 2024, qui ont significativement atteint le tissu économique et amplifié les incertitudes » ont écrit les analystes de l’Isee. Selon leurs calculs, 33 000 personnes ayant travaillé en 2024 terminent l’année sans emploi.

L’économie et les finances publiques sont dans un état catastrophique. Le gouvernement s’est naturellement tourné vers l’État pour une aide. Plusieurs coups de main, sans cesse discutés et rediscutés, mais aussi bien chers. Le montant des intérêts d’emprunt à honorer en 2026 grimpe à plus de 6 milliards de francs, se sont émus des élus. L’endettement propre de l’archipel atteindra, en fin d’année, le ratio étourdissant de 360 %, durcissant voire interdisant toutes nouvelles relations avec le monde bancaire.

L’État a parlé de la nécessité d’un choc de confiance. Histoire de reprendre du souffle. Beaucoup espéraient des échanges entre la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, en visite et les acteurs économiques, lundi 10 novembre, au haut-commissariat. Il n’en fut rien, visiblement. La locataire de la rue Oudinot « a annoncé qu’il n’y aurait pas de coup de rabot sur la défiscalisation » mais « qu’il n’y avait rien, dans le projet de loi de finances 2026, pour le plan de relance de la Nouvelle-Calédonie », rapporte un participant. « C’est à côté de la plaque ». Le monde économique ne voit qu’un horizon en ce moment : le mur.