Les murs de l’ONU tremblent encore sous le poids de ses mots effarants. À la veille d’un sommet climat organisé par le secrétaire général des Nations unies et le président du Brésil, pays hôte de la COP30 dans quelques semaines, Donald Trump a piétiné fin septembre les conclusions de la science. Il faut s’accrocher. Les énergies renouvelables sont une « blague ». Le charbon est « propre et magnifique ». Et puis, « l’empreinte carbone est une supercherie inventée par des gens aux intentions malveillantes ». Enfin, ou presque, « le changement climatique (…) est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde à mon avis » a ajouté à la tribune onusienne le président américain qui, comme le rappelle l’Agence-France Presse, a reçu des centaines de millions de dollars de l’industrie pétrolière lors de sa campagne électorale de 2024. Un discours consternant.
Parce que, tout d’abord, ses déclarations à l’emporte-pièce ne s’insèrent dans aucun cadre rigoureux. Les chercheurs du CNRS sont d’ailleurs tombés de leurs chaises après avoir entendu l’allocution du président milliardaire. « Le changement climatique n’est pas une « escroquerie » mais une réalité mesurée » ont écrit en réaction trois scientifiques français. Preuve en Nouvelle-Calédonie où le niveau de la mer monte. DNC s’intéresse cette semaine à l’érosion du littoral et aux solutions innovantes. Mais Donald Trump, trop perché, ne voit pas depuis la Maison-Blanche le réel, comme les tribus de la côte Est contraintes de quitter leur terre ou encore les habitants d’Ouvéa en lutte contre l’arrivée de l’eau salée.
Les messages du président américain sont ensuite très gênants, parce que les mots sont prononcés par l’homme le plus puissant de la planète, dont l’autoritarisme fascine même en Nouvelle-Calédonie. Problème, ses interventions sont souvent guidées par l’intérêt et la volonté de démonstration. Donald Trump invite donc, sans le vouloir, à tout vérifier. Même l’évidence.

