Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convié mardi 28 avril au soir, heure de Nouméa, les personnalités des différentes sensibilités politiques à progresser sur un chemin tortueux, celui de l’organisation des élections provinciales. Telle est désormais la perspective après le rejet par l’Assemblée nationale du projet de réforme constitutionnelle. Matignon exige une discrétion sur la teneur des échanges. Condition globalement respectée, mais selon des participants, il n’y a pas eu véritablement d’avancée. Rien, en tout cas, de conclusif.
Deux grandes questions traversent la discussion : ce scrutin, capital pour la construction de l’avenir institutionnel, se tiendra-t-il fin mai – c’est-à-dire demain – ou le 28 juin au plus tard, terme fixé par le Conseil constitutionnel ? Et quel sera le corps électoral pour cette élection des assemblées de Province et du Congrès ? Pas minces interrogations – surtout la dernière.
Selon nos informations, en ouverture de la rencontre, Sébastien Lecornu a transmis aux participants un document de treize pages, assorti de dix-huit pages d’annexes. Dans ces lignes, seraient présentés à la fois un long rappel historique ainsi que plusieurs options et scénarios. Chacun des groupes joue sa partie. Le FLNKS maintient sa position, mettant en balance une éventuelle ouverture aux natifs contre un nouveau référendum d’autodétermination. Ce qui fait toujours tousser Les Loyalistes. La consultation sur l’indépendance, niet.
Le locataire de Matignon aurait proposé une intégration des personnes nées sur le territoire dans la liste électorale et de leurs conjoints au bout de cinq ans de résidence. Ces politiques doivent remettre le couvert autour du Premier ministre en fin de semaine. Les uns et les autres sont de plus en plus persuadés d’un point : vu les oppositions et le calendrier électoral, un accord sur l’avenir ne pourra intervenir qu’après l’élection présidentielle d’avril ou mai 2027. Bien loin.

