La musique de l’accord de Bougival et de son complément Élysée-Oudinot a subi, simultanément ou presque, ces derniers jours, un couac notable. Et ce, à la veille de l’examen du projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie au Sénat mardi 24 février. Le passage du texte à l’Assemblée nationale étant prévu en mars. Philippe Gomès a tout d’abord pris la plume pour émettre de vives critiques sur le contenu ou le flou du document. Au point où « l’accord Bougival-Élysée-Oudinot au lieu d’apporter la paix et la stabilité (…) sera le ferment de nouveaux troubles à l’ordre public ». L’ancien député et président du gouvernement local n’avait pas posé son paraphe, parce que « la rédaction proposée répondant parfaitement aux oukases des Loyalistes de manière caricaturale, je n’avais vocation, ni à participer à des négociations biaisées à l’avance, ni à cautionner, par ma signature, le document qui en résulterait ».
Peu de temps après, à son tour, Paul Néaoutyine n’a pas mâché ses mots, pointant « l’impact négatif (…) prévisible » sur les populations notamment du Nord et des Îles. Le président de l’assemblée de Koné, qui repart en course pour un septième mandat de maire à Poindimié, a indiqué ne pas concevoir l’avenir du territoire dans « une partition » ou « une ségrégation ».
Ces commentaires sont à souligner. Pour au moins deux raisons. Tout d’abord, parce que ces mots émanent, quoi qu’on en pense, de deux figures historiques du monde politique. Ensuite, parce que des représentants de leur mouvement respectif, Calédonie ensemble d’un côté, le Palika et l’UNI de l’autre, ont eux signé Élysée-Oudinot. Le monde politique se divise même en interne sous les avancées de Bougival, tout comme l’Assemblée nationale se scinde dans la perspective du vote. Il faut être lucide, l’accord et son complément s’éloignent de leur vœu premier de rassembler les parties. D’autant qu’en l’absence du projet de loi organique, des précisions essentielles manquent cruellement.

