[ÉDITO] La douloureuse promise

La date du grand oral n’est pas encore officiellement annoncée. Dans des couloirs de l’administration, les uns parlent de la fin de ce mois, d’autres plutôt de septembre. Milakulo Tukumuli, le nouveau président du gouvernement en place pour la mandature 2026-2031, va devoir se plier à l’exercice imposé de la déclaration de politique générale.
Ce discours solennel est censé à la fois préciser la philosophie qui traverse le 19e exécutif et définir les axes de travail. La rédaction même de cette intervention à la tribune constituera une épreuve, car la prise de parole doit traduire la collégialité. Or la majorité Éveil océanien-Loyalistes-Rassemblement-LR a croqué les gros portefeuilles, les indépendantistes ont récolté les maroquins de second plan.

Les équilibres ne vont pas être simples à trouver. Vu l’état désastreux des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie, la marge d’action est, ensuite, plutôt réduite. Ou, du moins, le programme est unique. Milakulo Tukumuli l’a répété dès sa nomination : il faut réformer. Une nécessité pour le bien du territoire, une obligation signifiée par l’État. Des personnalités politiques ne l’ont pas caché, des mesures seront impopulaires. Des syndicats l’annoncent déjà, des réformes seront douloureuses. Ruamm, retraite…

Les leviers vont bouger pour faire rentrer de l’argent, prolonger la
durée de vie du système, éviter que l’édifice s’écroule. Mais qui aura mal ? La déclaration de politique générale le dira probablement. La collectivité est dos au mur, ces réformes sonnent comme des urgences, à entendre le chef de l’exécutif. Néanmoins, jusqu’à aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie n’a pas brillé par son pouvoir de bousculer l’ordre établi pour produire du neuf, du plus sain, du plus sûr pour l’avenir. La mise en place de la TGC, la taxe générale sur la consommation, a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Maintenant, l’archipel a-t-il vraiment le choix ?