La sonnerie aura beau retentir plusieurs fois par jour dans les cours de récré dès la semaine prochaine, moins d’élèves que les années précédentes regagneront le tableau noir, ou blanc, tout dépend. Les effectifs passeront même, en cette rentrée scolaire 2026, sous le seuil symbolique de 60 000, enseignements public et privé confondus.
La faute n’est pas à attribuer à des retardataires, qui souhaiteraient prolonger leurs vacances à la plage ou au champ. La tendance est plus lourde, constante, prévisible. Au retour en classe en 2019, la Nouvelle-Calédonie comptait plus de 67 000 élèves.
La courbe tombe vers le sol. La raison est « démographique depuis 2012 »,
a rappelé Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge du secteur. De fait, ce mouvement de fond « nous oblige progressivement à retravailler notre réseau global d’enseignement et la carte scolaire. Et à travailler aussi plus particulièrement avec l’enseignement privé. Face à cette baisse globale, il est important que l’on puisse se coordonner sur tous les bassins, pour que, géographiquement, l’on puisse s’organiser à court, moyen et long terme ».
L’alerte avait déjà sonné il y a plusieurs mois, à l’heure de la présentation du recensement. La population a connu, ces dernières années, un recul historique et s’élève désormais à 264 596 habitants. « C’est la première fois, depuis 1946, que la population calédonienne baisse entre deux recensements », avait précisé Jean-Philippe Grouthier, chef de mission à l’Insee, qui avait observé entre 2019 et 2025 la combinaison de nombreux facteurs : crise du Covid, événements de mai 2024 avec son lot de départs, vieillissement et recul de la natalité. Selon les experts, en effet, en 2022, ce taux de natalité était de 14,1 naissances en moyenne pour 1 000 habitants. « Il diminue chaque année depuis 2016, où il était de 15,8 ‰. »
La population vieillit, la fécondité baisse… Un mauvais signal pour l’école, pour l’économie, pour la vitalité calédonienne. Une urgence de plus à traiter sur le bureau du gouvernement.

