Après le Medef, la Feinc et bien d’autres, la Chambre de métiers et de l’artisanat réclame des « mesures choc ». L’artisanat calédonien est à bout de souffle (un artisan sur deux vit en dessous du SMG, 85 % ont moins de trois mois de trésorerie devant eux) et les mesures proposées à ce stade sont insuffisantes.
La CMA formule cinq propositions, dont l’arrêt des cotisations pour les travailleurs indépendants et les TPE, l’exonération de patente et d’impôt pendant deux ans pour certaines entreprises ou encore le carburant professionnel à prix réduit. Le tissu économique se meurt et, pour l’heure, pas de défibrillateur à l’horizon. Des élus ne sont plus autant impliqués au Congrès ou dans le cadre de la reconstruction : ils ont les yeux rivés sur les élections provinciales et doivent notamment replacer leurs collaborateurs avant ces échéances.
On peut néanmoins compter sur quelques affrontements venant nourrir les intérêts des uns et des autres, comme la polémique sur le Vanuatu. Ce pays « frère » de l’arc mélanésien s’est offert, avec le FLNKS, une sacrée provocation. Christian Tein, président du Front, qui avait été incarcéré en Métropole pour son rôle supposé dans les émeutes de mai 2024, est arrivé lundi sur l’archipel où il a rencontré son Premier ministre, Jotham Napat, rapporte l’AFP. Il s’agissait de « réaffirmer les liens entre les deux territoires » « pour une Mélanésie libre de toute emprise coloniale », affirme le FLNKS.
Christian Tein aurait emmené une délégation invitée à un forum destiné à accélérer les investissements et le commerce avec la Nouvelle-Calédonie. Or, selon l’exécutif calédonien, le Vanuatu n’avait pas invité son président, Alcide Ponga, et le membre chargé de l’économie, Christopher Gygès. Ce dernier a décidé de suspendre tous ses travaux avec le pays. La maire de Dumbéa, Cynthia Jan, a même annoncé suspendre ses relations avec Port-Vila, jusqu’à nouvel ordre. Provocation, donc, et réactions en cascade.
Les relations diplomatiques avec les pays du Fer de lance ont toujours été complexes pour la Nouvelle-Calédonie ; l’État, le territoire et le FLNKS bataillant leur légitimité. Ce débat semble arriver à point nommé avant la campagne. Mais il faudra savoir raison garder pour ne pas envenimer la situation, avec ce voisin précieux tant sur le plan culturel que commercial pour nos entreprises.

