Les micros sont ouverts. Certains commencent à roder les discours et charmer l’auditoire. D’autres lancent des idées, tout en discutant en parallèle sur d’éventuels rapprochements. Des candidats, confirmés ou potentiels, n’ont pas attendu la parution du décret de convocation des électeurs pour entrer dans la campagne des provinciales.
Le scrutin est prévu dimanche 28 juin. Dans un mois. Et déjà, la fracture est nette. Certes l’avenir institutionnel occupera une place de choix dans les débats pré-électoraux, mais, d’entrée, des mouvements ont positionné le curseur, histoire de fixer l’accent des discours. « Cette campagne, nous la mènerons pour les Calédoniens, pour ceux qui veulent vivre en sécurité, travailler, reconstruire » a déclaré Sonia Backès à Dumbéa mardi 26 mai, au nom des Loyalistes associés au Rassemblement-LR.
Déjà appuyés dans le programme des élections municipales, les points cardinaux du groupe se situent bien dans le mérite, l’ordre, la confiance… Nul hasard si les propositions thématiques devaient débuter jeudi 28 mai par des visites d’entreprise et l’annonce de mesures économiques. Un axe qui s’inscrit dans la politique de la province Sud post-émeutes.
Le bloc centriste, avec l’Éveil océanien d’un côté et Calédonie ensemble de l’autre, appuie sur une autre dimension, le social. Et pour cause, ce thème aurait été oublié par Sonia Backès, alors présidente de la Maison bleue, selon ses opposants. « Nous sommes d’un centre plutôt de gauche, nous sommes pour une meilleure répartition des richesses calédoniennes » a observé Milakulo Tukumuli, de l’EO, qui a bâti le programme fondateur de son parti notamment sur la lutte contre les inégalités. « La priorité des priorités de ce mouvement, c’est de faire en sorte que les inégalités sociales de ce pays soient réduites » a lancé Annie Qaeze, de Calédonie ensemble. Le ton est donné.

