Pourquoi choisir les outre-mer ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les participants de la première édition de Choose outre-mer, sommet organisé par le ministère des Outre-mer « pour accélérer l’investissement et l’emploi dans les territoires ultramarins ». La grand-messe qui s’est tenue le 1er octobre dans la symbolique Banque de France, rejoint une des grandes préoccupations de la Nouvelle-Calédonie depuis les émeutes de mai 2024 : rendre l’archipel à nouveau attractif.
Reste néanmoins à savoir ce que l’on entend par attractivité. Un mot valise dont le gouvernement calédonien parle abondamment et qui a valu le changement de nom de la Direction des affaires économiques, désormais rebaptisée Direction des entreprises, de la consommation, de l’attractivité et des télécommunications (Decat).
L’allègement de la fiscalité est souvent brandi comme le levier principal de cette attractivité retrouvée. Mais on peine à voir, au-delà de cet outil, une stratégie globale qui donne envie aux investisseurs et entrepreneurs de s’installer sur le Caillou et, a minima, d’encourager les jeunes Calédoniens à rester chez eux. Si l’on évoque
le flux massif de départs, on souligne moins que beaucoup d’entre eux concernaient des jeunes diplômés. Or, au-delà de la pression fiscale, ce qui attire, c’est un environnement offrant du personnel formé et une société apaisée. À lire les récents rapports sur la formation des jeunes les plus éloignés de l’emploi ou encore l’évolution du niveau scolaire dès le plus jeune âge, on peut se demander si l’on va dans le bon sens.
Quant à l’apaisement de la société, l’absence de reprise des discussions sur l’avenir institutionnel donne à penser que le chemin vers un accord pourrait être encore long et tortueux. Si l’inaction n’est probablement pas la solution faute d’entente politique, feindre que tout va bien sera peut- être un peu juste pour convaincre des investisseurs soucieux de leurs placements.

