Du vent dans les pales

La société Quadran souhaite vendre une partie de son parc éolien à l’un de ses concurrents. La société Alizés Energies, leader sur le marché calédonien et filiale d’EEC et de Suez, s’en est portée acquéreuse. Pour respecter la réglementation en matière de concurrence et éviter des problèmes stratégiques, la Direction des affaires économiques a 90 jours pour se prononcer sur cette transaction.

Après avoir connu une phase très critique, la filière de production des énergies renouvelables se porte décidément nettement mieux même si le plus grand projet à venir en matière de production électrique – la centrale C de la SLN – n’est pas vraiment concerné par la démarche. Actuellement, la part de l’énergie produite par le renouvelable se situe aux environs de 20 % dont une très grande partie produite par le barrage de Yaté.

Le schéma de l’énergie et du climat prévoit qu’à l’horizon 2030, 100 % de la production soit d’origine renouvelable sur les îles et 20 % sur la Grande Terre. Une part estimée à 27 % selon les projections de Synergie, le cluster de la filière des énergies renouvelables, dans son livre blanc sorti en 2014. La prise en compte du projet de centrale C va toutefois changer profondément la donne, même si le renouvelable n’a pas dit son dernier mot.

C’est le cas de Quadran, ex-Aerowatt, qui souhaite céder une partie de son parc d’éoliennes, non pas pour cesser l’activité mais pour se développer. Depuis quelques années, la société cherche à mettre en place des fermes d’éoliennes de puissance supérieure à celles qui existent actuellement. Quadran est toutefois limité, faute de trésorerie, notamment pour développer son projet de ferme au-dessus d’Unia, à Yaté, qui avait pourtant reçu l’aval du gouvernement. C’est dans ce contexte que s’inscrit cette cession et la raison pour laquelle le gouvernement a été sollicité. Il devra étudier la possibilité de rachat des éoliennes de Quadran par Alizés Energies, la filiale énergie renouvelable d’EEC, elle-même filiale du groupe Suez.

Respect des règles
de la concurrence

Au titre de la nouvelle réglementation sur la concurrence, la DAE, qui instruit les dossiers dans l’attente de la mise en place de l’Autorité de la concurrence, dispose de 90 jours pour rendre ses observations. Le volet concurrence ne devrait cependant pas poser de problème dans ce sens puisque Quadran représente environ 3 % du secteur des énergies renouvelables.

Les questions porteront davantage sur l’aspect stratégique de ce rachat par Alizés qui dispose d‘informations sensibles sur le développement d’Enercal, société d’économie mixte dont le territoire est actionnaire majoritaire mais dont Suez est également actionnaire et siège au conseil d’administration. Si Enercal n’est pas ou peu positionnée sur la production d’énergie à partir d’éoliennes, elle est leader sur l’hydroélectricité, avec le barrage de Yaté mais également les nombreuses microturbines qui jalonnent la côte est.

Ce rachat, au-delà des questions de concurrence, met en relief la complexité de la production d’électricité calédonienne. Enercal, la plus gros productrice, est détenue en partie par Suez, dont la filiale EEC est en concurrence pour la production et assure la distribution sur le Grand Nouméa, mais aussi à Bourail, Koumac, Kaala Gomen et Lifou. Une activité plutôt rentable que les pouvoirs publics ont octroyé à EEC alors qu’Enercal assure la production, nettement moins intéressante financièrement.

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