Du mouvement dans les allées du Congrès

Coup de tonnerre, après la décision du Conseil d’État, Calédonie ensemble, avec cinq membres, n’est plus un groupe au Congrès. Photo : Y.M.

Les décisions du Conseil d’État, tombées vendredi 5 décembre à Paris, ont modifié des équilibres du Congrès.

La procédure n’a vraiment pas traîné. Samedi 6 décembre, le haut-commissariat a communiqué à la présidente du Congrès les décisions du Conseil d’État adoptées la veille, à Paris, rejetant les recours en annulation de Jacques Lalié, Philippe Gomès et Philippe Michel contre les arrêtés de l’État les déclarant démissionnaires d’office de leurs mandats de membre du Congrès et de membre d’une assemblée de province à la suite de leur condamnation à une peine d’inéligibilité. Condamnation dans une affaire de favoritisme pour le premier, et d’emplois fictifs pour les derniers.

Le Congrès, « qui ne dispose d’aucun pouvoir d’appréciation », a procédé « immédiatement » au remplacement des conseillers concernés. En l’occurrence, Jacques Lalié par Reine Vendegou-Hue, Philippe Michel par Jean Kays, et Philippe Gomès par Nina Julié. L’élue, au regard de son évolution politique, a rejoint les rangs des Loyalistes, qui comptent ainsi 13 représentants, après la récente arrivée de Aniseta Tufele. À égalité donc avec l’UC-FLNKS et Nationalistes. Calédonie ensemble perdait un membre et passait sous la barre des six conseillers requis pour la constitution d’un groupe au sein de l’hémicycle.

TOUJOURS HOMME POLITIQUE

Autre conséquence, et pas des moindres, le fondateur du parti, Philippe Gomès, « après 38 années de mandats au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, séquencées par huit élections provinciales », quittait le boulevard Vauban. Pile la veille de l’examen du projet de loi ordinaire organisant la consultation anticipée des populations intéressées sur la mise en œuvre de l’accord de Bougival.

Néanmoins, « le fait de ne plus être élu n’enlèvera rien à mon action, au sein de notre mouvement, jusqu’aux prochaines élections provinciales », a écrit l’ancien député. « Jusqu’en juin 2026, je resterai au service de mon pays et, plus que jamais, en qualité de signataire de Bougival, acteur investi dans la construction d’un consensus sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. »

Du mouvement était aussi observé aux Loyauté. Le Conseil d’État, saisi par Jacques Lalié, a invalidé vendredi 5 décembre, à Paris, l’élection du président Mathias Waneux et des trois vice-présidents. Il n’y a donc plus de dirigeants de la province des Îles. Il faut désormais procéder à l’élection d’un nouvel exécutif.

Yann Mainguet