Dossier Vale NC : un vote à l’unanimité en province Sud

Les élus de la province Sud ont adopté à l’unanimité la délibération qui autorise le changement de contrôle de la société Vale NC. Après l’accord politique, ce texte marque une nouvelle étape dans le processus de reprise de l’usine du Sud et l’élaboration d’un nouveau modèle minier.

Ce vote confirme l’accord politique conclu le 4 mars entre les Loyalistes, le FLNKS, l’Instance coutumière autochtone de négociation, le collectif « Usine du Sud = usine pays » et la province Sud et signe surtout un nouveau modèle minier, salué par tous. Aloisio Sako, élu FLNKS à l’assemblée de la province Sud, a tenu à remercier « le président du Congrès qui a facilité et rapproché le point de vue des uns et des autres, tout comme la présidente de la province Sud qui, avec brio, a défendu les intérêts de la collectivité et, par là même, ceux du territoire ». Pour lui, « le destin commun est en marche. »

Un accord politique fort

Roch Wamytan, le président du Congrès, estime que ce vote est une « réussite. C’est un texte important dans le processus de cession qui a recueilli l’unanimité ». Tous les acteurs ont pris leurs « responsabilités et finalement, les deux groupes du dossier se sont mis d’accord. Nous avons travaillé pendant trois semaines et trouvé un nouveau modèle minier ». Concrètement, les Calédoniens se retrouvent désormais majoritaires avec 51 % des parts : 30 % – au lieu de 5 % auparavant – du capital de Vale NC pour la SPMSC, Société de participation minière du Sud calédonien qui représente les trois provinces, et 21 % pour les salariés et populations locales. Pour compléter cet actionnariat, la Compagnie financière de Prony intègre le capital à 30 % et Trafigura à 19 %. À noter que le volume financier pour la vente s’élève à 1,2 milliard de dollars US.

Trois axes

Ce nouveau modèle minier s’appuie sur trois axes : la préservation de l’environnement, la valorisation de la richesse et la maîtrise de la ressource avec, notamment, la location des titres miniers. C’est une première pour la Nouvelle-Calédonie, comme l’a souligné Sonia Backes, la présidente de la province Sud. « Cette fois-ci, le sous-sol appartient aux Calédoniens. Il est à nous et nous le louons à l’exploitant. Nous compensons désormais cet appauvrissement de notre sol en le transformant en argent et cet argent a vocation à être utilisé pour que nos générations futures, quand il n’y aura plus de nickel, aient quelque chose d’autre au niveau économique », a-t-elle expliqué.

La question environnementale a, bien évidemment, été au cœur des discussions ces trois dernières semaines et de nouveau mise sur la table lors de l’assemblée de province. « Sur ce volet, c’est la province qui est compétente, alors nous sommes et serons très attentifs car, d’une part, nous avons intérêt à protéger nos populations, d’où les nombreuses expertises demandées, et d’autre part, nous nous devons d’être un exemple à l’échelle mondiale dans la production de nickel vert. »

Toutes les tendances politiques ont donc donné leur approbation. Pour Calédonie ensemble, cet accord « symbolise la reprise du travail pour 3 000 personnes », la fin des « exactions que les Calédoniens ont subies sur le terrain et le retour de l’ordre public ». Approbation également pour l’Éveil océanien et les élus de Générations NC, ces derniers insistant sur les innovations de ce nouveau modèle minier. « La location des titres miniers va rester dans l’escarcelle de la province et permettre à la collectivité, pour la première fois, de bénéficier à très court terme de retombées financières », soulignait Nina Julié.

Après ce vote, il reste encore plusieurs étapes pour finaliser la vente de l’usine du Sud, avec notamment mercredi, 31 mars, la cession des titres à Sud Nickel, une filiale de Promosud. Il faudra également procéder à la modification du Code minier devant les élus du Congrès, une reprise de l’activité totale n’étant prévue qu’au mois de mai.

Et le chemin pourrait être un peu plus long que prévu puisque ce mercredi, des drapeaux et des banderoles ont refleuries dans le sud, demandant la réintégration des personnels originaire de Yaté qui avaient été écartés. Le même jour, Calédonie ensemble a également diffusé un communiqué s’inquiétant du manque d’éléments et des imprécisions dans les informations transmises aux conseillers de la province Sud. Le parti regrette notamment l’absence de présentation du pacte d’actionnaires qui définira « les responsabilités futures d’actionnaires aux intérêts parfois divergents, tout particulièrement en cas de conjoncture défavorable ». Calédonie ensemble demande à ce que soit à nouveau réunie l’assemblée de province Sud sur ce sujet dont on devrait vraisemblablement encore entendre parler.

D.P.

©province Sud 

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