[DOSSIER] Tsunami, en zone à risque

Détail de ′′La Grande Vague de Kanagawa′′ (c. 1830), de Hokusai (exemplaire du Metropolitan Museum of Art). Dans une approche purement subjective de l’œuvre, cette vague est parfois présentée comme un tsunami ou une vague scélérate.

Le 30 juillet, un tremblement de terre sous-marin de magnitude 8,8 a été enregistré au large de la péninsule du Kamtchatka, sur la côte Pacifique russe. Le plus puissant enregistré dans la région depuis 1952 et l’un des plus puissants de l’histoire dans le monde.

Les autorités compétentes ont rapidement émis une alerte tsunami pour la Russie, le Japon, l’Alaska, Hawaï, Guam, mais aussi le Mexique, le Pérou et même la Chine ou encore la Polynésie française. Grâce aux moyens modernes de prévision et d’alerte, notamment émises par téléphone dont nous disposerons bientôt, des millions de riverains du Pacifique ont été prévenus et ont évacué le littoral. Une seule victime serait à déplorer, au Japon. Des vagues de un à quatre mètres ont été constatées.

Le mégaséisme aurait pu générer un tsunami beaucoup plus dévastateur… Localement, près d’un mètre de variation d’élévation du niveau de la mer été observé à Hienghène, indique Jérôme Aucan, ingénieur et chercheur en océanographie physique, à la tête du Centre des sciences océaniques de la Communauté du Pacifique (CPS). Les prévisions montraient de possibles mouvements anormaux de 30 cm à un mètre pouvant être observés entre 20 h 30 et 21 h 30. Sur cette base, qui s’est révélée juste, la Sécurité civile avait demandé à la population, non pas de se rendre dans les hauteurs, mais d’éviter les abords immédiats du littoral et de rester informée.

La Nouvelle-Calédonie se trouve dans la région « la plus à risque de toute la planète, rappelle Jérôme Aucan, entourée par ce qu’on appelle la ceinture de feu du Pacifique ». Cette région géologique suit les 40 000 km de pourtours de cet océan. Elle est le siège des grands tremblements de terre qui génèrent les tsunamis (Chili 1868-1960, Indonésie 1976-2004, Japon 1498-2011), mais aussi d’explosions volcaniques provoquant des tsunamis (Krakatoa 1883, Hunga-Tonga 2022) ou de glissements de terrain sous-marins pouvant aussi déclencher ces phénomènes (Papouasie-Nouvelle-Guinée 1998). Certains tsunamis ont fait avancer les choses : celui de 1946, à Hawaï, a conduit à la mise en œuvre du centre national d’alerte aux États-Unis, celui de 1952 à Kamchatka déjà, est à l’origine du centre d’alerte japonais.

Le tsunami de 1964, en Alaska, a accéléré l’instauration du système d’alerte précoce pour tout le Pacifique depuis les USA. Banda Aceh, en 2004 en Indonésie, a lancé les systèmes d’alerte dans l’océan Indien et Fukushima, au Japon en 2011, a permis des avancées au niveau des infrastructures, en particulier nucléaires.

C.M

津波

« Tsunami »

Mot japonais signifiant « vague portuaire » ou « vague de port »,
le phénomène s’amplifiant typiquement dans les ports. Ce terme est maintenant reconnu internationalement et prend le pas sur l’utilisation de « raz- de-marée ». Celui-ci est encore utilisé en France pour les phénomènes d’origines météorologique.