Dans le domaine de la santé, des progrès ont été réalisés au niveau
du recrutement. Néanmoins, la continuité de l’offre de soins reste instable, avec essentiellement des contrats à durée déterminée.
La santé des Calédoniens et du personnel soignant a été mise à rude épreuve en 2025. Dès les premiers mois de l’année, des alertes ont été lancées par les professionnels sur le manque d’effectifs. Un mouvement de grève a ainsi été organisé en avril, au CHS Albert-Bousquet, suivi d’une manifestation du personnel soignant du Médipôle, le 6 mai.
Des mesures ont été mises en place par les collectivités afin de stimuler l’attractivité du territoire et d’augmenter les recrutements de soignants extérieurs. Le gouvernement a signé des conventions avec des universités métropolitaines et autorisé l’exercice de soignants étrangers (59, à ce jour). Une réserve sanitaire d’une cinquantaine de praticiens a également été constituée et un travail a été effectué sur la grille salariale du personnel hospitalier. De son côté, la province Sud a mis en place un « kit attractivité » ainsi que le dispositif « Sud Santé », prévoyant le financement de billets d’avion et une prime d’installation pour les infirmiers.
Aujourd’hui, des centres et services – fermés jusqu’alors – rouvrent en province Nord. C’est le cas des soins externes à Koumac et Poindimié, des consultations sage-femme à Koumac et du service de chirurgie au CHN de Koné. Trois nouveaux médecins sont arrivés à Pouébo, Ponérihouen et Voh. En parallèle, en province Sud, les centres de Thio et de Yaté ont rouvert, et dans les Îles Loyauté, quatre médecins étrangers exercent. Au niveau des structures hospitalières, les effectifs ont augmenté également. Au Médipôle, 206 postes de médecins sur 218 sont pourvus, et les urgences adultes comptent désormais 36 médecins contre 30 en juillet. Au CHN, la situation reste difficile, avec seulement 10 médecins titulaires sur 30.
Si une amélioration est notable, les syndicats alertent sur l’instabilité de cette nouvelle situation. La plupart des soignants recrutés ont un contrat à durée déterminée et ne restent sur le territoire que six mois maximums. « Les nouveaux arrivants c’est bien, mais conserver les piliers c’est encore plus important », insiste Emmanuel Soria, représentant UT-CFE-CGC. Ils demandent à cet effet le vote d’un texte en attente au Congrès depuis six mois (lire page 2).
Nikita Hoffmann

