Le plan d’évolution de l’administration (PEA) vise à clarifier et simplifier son organisation. Il repose sur la réduction du nombre de directions et d’établissements publics.
- MOINS DE DIRECTIONS
Le nombre de directions passera de 22 à 13, chacune regroupant entre 50 et 120 agents, selon un document officiel de l’administration que DNC a pu consulter (lire par ailleurs). Sept directions « métiers » (transports, développement humain, enseignement, santé, aménagement, économie, fiscalité) seront accompagnées de six directions « support » (juridique, finances, numérique, moyens généraux, ressources humaines, fonction publique).
Les personnels des services administratifs, présents dans la plupart des directions, seront réaffectés selon leur spécialité, hormis les agents d’accueil et secrétaires. Par exemple, les agents en charge des budgets iront aux finances, ceux des ressources humaines à la DRH, les informaticiens à la Dinum. Et concrètement quand un directeur viendra solliciter une action RH, il devra s’adres- ser à des agents d’une autre direction. Il pourrait néanmoins y avoir des référents RH ou informatiques.
C’est « l’occasion de poser des normes qui s’appliqueront à toute la collectivité en termes de RH, budgétaires, numériques ou immobiliers », écrit le gouver- nement. La Davar, Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales, devrait disparaître : ses missions seront réparties entre plusieurs directions, ce qui suscite des inquiétudes.
La réorganisation géographique sera progressive, faute de locaux suffisamment dimensionnés. Un projet immobilier serait géré par la DAPM, Direction des achats, du patrimoine et des moyens, et les reconstructions post-émeutes se projetteraient logiquement avec le PEA à l’esprit.
- MOINS DE MANAGERS
Le plan ne prévoit pas de suppressions de postes, mais le taux d’encadrement passera de 20 % à 12 %, réduisant le nombre de managers et de niveaux hiérarchiques. Un manager devra superviser dix agents avec des adjoints seulement dans les grandes directions. A termes, ils pourraient ne plus faire d’opérationnel. Environ 20 % des agents devraient voir leur quotidien évoluer. Ils bénéficieront d’un accompagnement personnalisé.
- MOINS D’ÉTABLISSEMENTS PUBLICS
Le nombre d’établissements publics sera réduit de 26 à 18 d’ici 2027. Les établissements culturels seront regroupés au sein de l’ADCK-CCT (Agence de développe- ment de la culture kanak – centre culturel Tjibaou) : l’Académie des langues kanak, la bibliothèque Bernheim, le musée de la Nouvelle-Calédonie. Le financement du Conservatoire des arts devrait être renvoyé à la province ou à la mairie, les missions du Creipac partagées entre la Nouvelle-Calédonie (relations institutionnelles) et l’université, pour les langues.
L’IFPSS, Institut de formation des professions sanitaires et sociales, doit disparaître également. La formation des infirmiers sera reprise par l’université et les formations sociales et aides-soignants, par le Giep, groupement pour l’insertion et l’évolution professionnelles, qui pourrait devenir un service du gouvernement. Le rapprochement avec l’université doit aussi concerner l’Institut de formation des maîtres, l’IFM.
Une grande agence de financement doit regrouper les missions financières de l’ARDC (Agence pour le remboursement de la dette Covid), l’Agence pour la desserte aérienne, l’Agence rurale et les grands comptes de l’Agence sanitaire et sociale. Leurs autres missions seront rattachées à leur direction de métier.
La fusion des directions hospitalières est déjà engagée (CHT et CHS). Une étude d’opportunité doit être réalisée sur le regroupement avec le Centre hospitalier du Nord, en 2027. Un rapprochement des trois chambres consulaires, Chambre de commerce et d’industrie, Chambre de l’agriculture et de la pêche et Chambre de métiers et de l’artisanat, est aussi envisagé pour 2027.
LES RETRAITES INTÉGRÉES À LA NOUVELLE-CALÉDONIE ?
La Caisse locale de retraites doit être absorbée au sein de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie, ce qui suscite des inquiétudes en matière de financement et de gouvernance, les syndicats préférant visiblement un organisme paritaire.
Chloé Maingourd
Deux directions concernées dès 2026
Les premières entités instaurées seront la Direction des transports et infrastructures (trois services : infrastructures, transport et aviation civile ) et la Direction développement humain et citoyenneté (sept services : sport, jeunesse, protection jeunesse et enfance, culture et patrimoine, affaires coutumières, état civil, égalité entre les femmes et les hommes).
RÉMUNÉRATIONS
« Les directeurs et directeurs adjoints bénéficient de leur grille fonctionnelle jusqu’à leur prochaine mutation », peut-on lire dans le document du gouvernement, et « les responsables hiérarchiques conservent leurs indemnités de sujétion pendant six mois. » Se pose la question des agents qui bénéficient d’une prime liée à une direction qui n’existera plus.


