[DOSSIER] Pour l’association Prévention routière, il faut « se concentrer sur quelques mesures »

L’association Prévention routière est un maillon essentiel dans la lutte contre les accidents de la route. Elle intervient auprès des scolaires, des entreprises, du grand public et est, à nouveau, associée aux réflexions.

Mireille Munkel avait tiré la sonnette d’alarme lors de « l’hécatombe du début d’année ». Les réunions du conseil permanent de la sécurité routière avaient été mises en suspens. Heidi Hénin, chargée de mission dans le cadre du plan quinquennal 2014-2019 n’avait pas été remplacée au sein du secrétariat général du gouvernement. Alors que les discussions reprennent, que la gestion du dossier a été orientée vers la DITTT (l’association lui aurait préféré la Direction de la sécurité civile), sa présidente appelle à tirer des leçons du passé.

« Les plans de sécurité routière étaient trop fournis. Ils ont été très médiatisés mais aucun n’a été véritablement suivi », malgré quelques avancées majeures comme la tolérance zéro pour les jeunes conducteurs alcoolisés, l’abaissement des taux d’alcool tolérés pour les autres.

« On n’est pas dans un film américain ! »

Mireille Munkel conseille de se « concentrer sur quelques mesures ». Parler du sujet en permanence, de façon plus humaine (par exemple dans les journaux : « Qui sont les victimes, les familles touchées par ces drames ? »), en utilisant des outils adaptés à la jeunesse (parodies, réalité virtuelle, psychologie sociale, etc.).

Parmi les messages à « matraquer » : la ceinture n’est pas facultative. « Certains jeunes pensent qu’elle peut les empêcher de s’extraire du véhicule en cas d’accident, mais on n’est pas dans un film américain ! Dans la vraie vie, on ne s’en sort pas ! ».  Il faut aussi les convaincre de préparer en amont leur retour de soirée.

Mireille Munkel s’interroge toujours sur le déficit d’offre de transports alternatifs le soir, d’utilisation des alcootests dans les établissements de nuit. Elle est favorable à l’intégration des cours de Code à partir de la troisième et dans le cadre du Service national universel.

Cohérence sur les routes 

Des améliorations sur les routes peuvent aider à limiter les « comportements anormaux » sur la RT1 (ex : lignes continues « trop longues ») ou « donner le droit à l’erreur », comme au col de la Pirogue. Il y a aussi « un manque de cohérence sur les limitations de vitesse ». Un audit de la signalisation a été sollicité.

Enfin, en ces temps de restriction budgétaire, « il pourrait y avoir une tentation pour les collectivités de réduire les volumes financiers pour l’entretien des réseaux routiers. Ce serait une mauvaise chose, en particulier là où il y a de la vitesse ». L’association n’est elle-même pas à l’abri de difficultés, les subventions étant « très fluctuantes » d’une année sur l’autre.

Les actions de l’association Prévention routière sont en grande partie financées par l’État et le gouvernement.

C.M.

©C.M./DNC

 

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