Le sentiment des parents sur le niveau scolaire des enfants et adolescents est variable. Certains considèrent que leurs connaissances se sont appauvries, quand d’autres observent une évolution positive.
Regard tourné vers le portail du collège de Tuband, Nathalie* attend la sortie de sa fille, entrée en classe de 6e le matin même. Elle fait partie des parents qui ont remarqué une baisse du niveau scolaire, ces dernières années. En termes de culture générale, notamment. « En primaire, je trouve qu’ils ont beaucoup moins de matières et que les cours sont abordés de manière moins appuyée. C’est peut-être dû à cela. J’espère que ça va s’étoffer un peu au collège. » Elle se souvient : « Nous en CE2, il fallait connaître nos tables de multiplication par cœur ! Aujourd’hui, ce n’est pas tout à fait acquis. »
Abritée sous son parapluie, Linda attend aussi ses enfants, tous trois inscrits dans le même établissement, en classe de 6e, 4e et 3e. Pour elle, c’est l’inves- tissement des professeurs qui change la donne. Malheureusement, « aujourd’hui, j’ai la sensation qu’ils respectent strictement leur programme, et c’est tout. Si l’enfant n’a pas compris, ce n’est pas leur problème. Avant, on était beaucoup plus accompagnés ». Résultat, « j’ai l’impression de devoir à chaque fois retravailler avec eux leurs leçons le soir ».
BAISSE DE NIVEAU SUBJECTIVE
Pour Sabrina*, cette baisse de niveau est le résultat de la période Covid et celle des émeutes. Pour autant, explique-t-elle, « je pense qu’elle est disparate ». Elle prend l’exemple de sa fille, entrée en classe de 3e cette année, qui est une « très bonne élève, avec des facilités et un profil académique » et pour qui « les difficultés des dernières années n’ont rien changé à ses résultats ». Son fils, en revanche, a quelques lacunes. Dysgraphique [difficultés dans l’apprentissage de l’écriture] et dyslexique, la scolarité dégradée a eu un impact sur ses notes. Heureusement, « il a eu de formidables enseignants en primaire, mais tout le monde n’a pas eu sa chance », souligne-t-elle.
Mère d’un garçon de 13 ans inscrit au collège Portes-de-Fer, Nolwenn constate, au contraire, que les enfants ont un meilleur niveau scolaire qu’elle à leur âge. Son fils n’est « pas le meilleur » en classe, mais « je trouve qu’il est plus cultivé », rapporte- t-elle. « Les écrans ont un impact négatif, mais aussi positif. Ils apprennent plein de choses. Parfois, il utilise des mots qu’à son âge je n’utilisais pas. »

« UNE CURIOSITÉ PLUS DÉVELOPPÉE »
Même avis pour Émile, dont la fille est entrée en 4e cette année et a eu « trois félicitations en 2025 ». Selon lui, « le niveau est plus élevé qu’avant », en raison notamment de l’accès aux outils informatiques. À Lifou, d’où il est originaire, « je n’avais pas d’ordinateur ni internet ». Aujourd’hui, « ils peuvent plus facilement avoir des connaissances ».
Jessica a vu une différence, avec ses cinq enfants. Son « petit dernier », en classe de CE1, a « une curiosité plus développée ». « Il se questionne sur beaucoup de choses. Peut- être que c’est l’accès aux réseaux sociaux ? », s’interroge-t-elle.
Pourtant, les réseaux – et l’écriture abrégée – peuvent avoir une incidence sur l’orthographe et le langage des enfants. Mais pour la fille d’Amélia, ce problème ne s’est pas posé. L’année dernière, « elle a eu la médaille d’or en dictée », raconte-t-elle, sans cacher sa fierté. « En vérité, je pense que c’est à nous, parents, de savoir poser un cadre. »
*Prénoms d’emprunt
Nikita Hoffmann

