Si Nouméa présente un contexte électoral particulier, l’enjeu des élections municipales agite beaucoup les appareils politiques dans son agglomération. En Brousse aussi, le scrutin est marqué par des inconnues.
NOUMÉA : SONIA LAGARDE, GRANDE FAVORITE
Arrivée « largement en tête dans 50 bureaux de vote sur 56 » au premier tour selon les calculs de l’universitaire Pierre-Christophe Pantz, le maire sortant, Sonia Lagarde, qui a intégré des membres Les Loyalistes dans sa liste, s’appuiera sur sa base électorale conséquente (score de 49,98 % dimanche 15 mars). Virginie Ruffenach (21,17 %), du Rassemblement-LR, opposée aux « alliances contre nature », regardera du côté des abstentionnistes, très nombreux (51,25 % des inscrits). Tout comme Philippe Dunoyer (11,20 %), de Calédonie ensemble. Le candidat, associé à Veylma Falaeo, de l’Éveil océanien, a pu apprécier le soutien de Muneiko Haocas (3,02 %), du MNIS, et la convergence d’idées évoquée par Claude Siret (1,83 %), tous deux éliminés. Lesse Adjouhgniope (9,52 %), du FLNKS, a choisi de ne pas donner de consigne de vote.
DUMBÉA : COMME UN PREMIER TOUR
Pas moins de cinq listes repartent au second tour dimanche. Candidate des Loyalistes, Cynthia Jan (39,62 %) tentera de transformer l’essai. Mais, en face, les critiques ont fusé. « Faire de la politique sur de la manipulation de la peur des gens, c’est inacceptable », a lancé le maire sortant, Yoann Lecourieux (18,98 %), qui a annoncé avoir lancé une procédure judiciaire pour diffamation. L’élu appelle à « un sursaut républicain ». En outre, « on vous détourne avec la peur, alors qu’il s’agit d’une élection municipale, pas de l’indépendance, ni de Bougival », a écrit la liste Dumbéa collectif de Vaimu’a Muliava (10,98 %). Rachel Aucher (14,26 %), du FLNKS, compte s’appuyer sur « un réservoir important » de voix, au regard des dernières élections législatives : 3 242 électeurs. Muriel Malfar-Pauga (13,52 %), Passionnément Dumbéa, a décidé de se maintenir dans la course. Le profil de son électorat sera intéressant à décrypter.
PAÏTA : DUEL ANNONCÉ
Quatre listes sont engagées. Antoine Romain (30,50 %), défendu par Les Loyalistes, et qui peut, de fait, bénéficier de voix de cette sensibilité politique de candidats éliminés, croisera le fer avec Milakulo Tukumuli (26,42 %), de l’Éveil océanien, mais à la tête d’une liste d’ouverture. Nikita Aurélie Gaia (12,77 %), du FLNKS, espère retrouver les 2 307 voix de la réserve consolidée au premier tour des élections législatives. Qualifié de justesse, Patrick Greppo (10,22 %), président du comité des fêtes et figure de la commune, est resté pour le second tour. Et tentera de rassembler des électeurs autour de sa personnalité.
MONT-DORE : NINA JULIÉ EN AVANCE
Surprise du premier tour à ce niveau de suffrages, Nina Julié (40,53 %), candidate des Loyalistes, trouvera sur sa route, dimanche, le maire sortant, Elizabeth Rivière (26,77 %), du Rassemblement, qui a reçu le soutien officiel d’Annie Qaeze (4,33 %), dont la liste est éliminée. Parce que, selon l’élue de Calédonie ensemble, son ambition pour la commune du Mont-Dore est « sans discussion aucune » la plus proche de celle de l’équipe de l’actuelle première édile. Non qualifié, Petelo Sao (7,76%), de l’Éveil océanien, réfléchissait avec ses colistiers sur un éventuel appui à un candidat toujours en lice, la décision pourrait être annoncée « en fin de semaine ». Tania Ouaka (17,14 %), du FLNKS, qui milite comme les autres engagés de sa couleur politique pour des « programmes communaux (…) reflet local de (leur) vision pour le pays », peut récolter des bulletins accordés au premier tour à des candidats indépendantistes, aujourd’hui non retenus. Tels que ceux d’Emma Malaval (1,78 %), de l’UNI. Sauf si le différend politique interne à la mouvance prend le dessus.

POINDIMIÉ : LES MÊMES SUR LA LIGNE
Quatre candidats au premier tour, autant au second. Inattendu surtout pour un novice en politique, Patrick Watanabe (30,57 %) qui a visiblement su rassembler des villageois notamment de sensibilité loyaliste, rencontrera le maire sortant, Paul Néaoutyine (29,79 %), de l’UNI, désireux de concourir pour un septième mandat. Seules 22 voix les ont séparés dimanche 15 mars. Le démarchage auprès des abstentionnistes sera donc décisif. Surtout que, faute d’alliance avant ou après dimanche 15 mars, Cyrille Oumattu (24,71 %), de l’Unité citoyenne et nationaliste, qui est épaulé de sympathisants indépendantistes et de coutumiers, et Christian Grochain (14,93 %), de l’UC-FLNKS, sont toujours en compétition. La partie s’annonce serrée.
BOURAIL : LE MAIRE ROBELIN À L’ÉPREUVE
Rebelote. Les trois candidats se retrouvent. Le maire sortant, Patrick Robelin (39,70 %), qui défend une liste d’ouverture, rivalisera avec Levay Roy (36,30 %), fortement soutenu par le mouvement Les Loyalistes. Dimanche 22 mars, au moins trois paramètres joueront dans la balance. Tout d’abord, plus de 1 800 Bouraillais ne sont pas allés voter au premier tour. Une des clés de la mairie se trouve donc là. Ensuite, les électeurs de Jean-Paul Robelin (24 %), cousin de Patrick, maintiendront-ils leur premier choix ou s’investiront-ils dans le duel annoncé, dont l’issue peut tenir dans un mouchoir de poche ? Enfin, pour la première fois depuis des décennies, il n’y a pas de liste indépendantiste. Mais des colistiers de cette sensibilité sont identifiés dans les trois équipes en course, selon des habitants. Là encore, un enjeu.
Yann Mainguet

