La 12e édition de la Semaine de l’industrie s’est tenue du 24 novembre au 5 décembre. Un rendez-vous particulier, un an et demi après les émeutes. Comme d’autres secteurs, l’industrie tente de remonter la pente.
La filière représentait, avant mai 2024, 15 % du PIB pour 3 000 à 3 200 entreprises et un peu plus de 15 000 emplois, selon la Fédération des entreprises et industries de Nouvelle-Calédonie (Feinc).
Entre-temps, des sociétés ont fermé et des postes ont été supprimés. Aujourd’hui, le territoire compte 3 130 industries (3e trimestre 2025) pour 12 162 salariés (1er trimestre 2025).
Certains de ses acteurs estiment néanmoins que les dégâts ont été « beaucoup moins violents » dans l’industrie que dans d’autres champs économiques. « Les dommages ont été remarquables lors de la période des émeutes, mais beaucoup de nos entrepreneurs ont rebâti ou ont mis en place une économie parallèle. C’est dans leur ADN », explique un membre de la Feinc.
DÉGAGER D’AUTRES VOIES
À l’heure où l’industrie du nickel est mal en point, certains industriels encouragent le développement d’autres filières. Dans la dernière édition du magazine de la Feinc, Made In, son président Xavier Benoist appelle néanmoins à ne « pas parier que sur des filières d’avenir qui seront parfois longues à se structurer et à créer massivement de l’emploi ». L’agriculture et la pêche, l’agroalimentaire, l’industrie de transformation, les services… « Ce sont ces secteurs qu’il faut accompagner. De petits projets qui vont alimenter la rivière de l’emploi privé et relancer nos rendements fiscaux et sociaux. »
L’industrie agroalimentaire, notamment, pourrait, d’après les estimations de la Feinc, créer 10 000 à 12 000 emplois à court terme (entre trois et cinq ans). « C’est la priorité sur laquelle il faut concentrer tous les efforts, car c’est réellement une piste de relance économique qui est complètement possible », a récemment souligné, sur Radio Rythme Bleu, Marie-Amélie Molia, vice-présidente de l’organisation syndicale.
Une table ronde a d’ailleurs été organisée sur cette thématique lors de la Semaine de l’industrie, en présence de trois experts, dont Maxime Costilhes, directeur général de l’Ania, Association nationale des industries alimentaires.
Celui-ci a salué la résilience des chefs d’entreprise calédoniens et souligné la capacité du territoire à avoir une production agricole importante, avec, néanmoins, des filières d’excellence sous-exploitées.
La difficulté, selon certains acteurs industriels, est maintenant de « se mettre autour de la table » pour enclencher les discussions. Un soutien politique est aussi nécessaire. « On rebâtit, mais nous restons dépendants, comme beaucoup, des conditions politiques », soutient l’un d’eux.
N.H.

