[DOSSIER] Les maires dans l’expectative

Les maires sont garants du bon déroulement des élections dans leur commune. (©DR / DNC / Y.M)

Alors que la date des élections provinciales n’est pas encore fixée et que la composition du corps électoral est inconnue, les mairies ne peuvent pas s’avancer sur l’organisation du scrutin. Si des questions pratiques se posent, la plupart des maires restent toutefois confiants quant au bon déroulé de ces élections.

Organiser les bureaux de vote, mettre à jour les listes électorales, installer les panneaux d’affichage, sécuriser les bureaux de vote, distribuer les cartes électorales, informer la population… La liste des impératifs à gérer avant le premier tour des élections provinciales n’est pas négligeable.

Avec une échéance fixée au plus tard le 28 juin, le délai d’organisation pour les mairies du territoire est relativement court. Pourtant, la plupart des maires interrogés l’affirment : « Nous serons prêts. » Les équipes sont « rôdées, elles ont l’habitude de ce genre d’exercice », souligne Caril Beronon, maire de Canala.

À La Foa, « il n’y a pas vraiment d’interrogation à ce niveau », assure son maire, Stevens Kaouda. C’est un sujet que l’on prend sérieusement, bien sûr, mais on suit les directives de l’État ».

« UNE ÉLECTION D’UNE GRANDE IMPORTANCE »

L’inconnu sur la composition du corps électoral pose davantage problème. Il s’agit « d’être fixé rapidement, car s’il est modifié, cela impliquera une révision de la liste électorale et ça, ça demande aussi un certain délai. Il faudra aussi sans doute organiser des commissions administratives spéciales, afin de pouvoir adapter le nouveau corps électoral », souligne Antoine Romain.

Si le maire de Païta a déjà commencé à « sensibiliser les services » impliqués dans l’organisation des élections, difficile, pour le moment, de mettre de « vraies actions » en place. « On ne peut rien lancer d’effectif tant que nous n’avons pas certaines certitudes […] On ne va pas se préparer alors que des changements pourraient être opérés dans les dernières minutes. »

Des réunions ont néanmoins été organisées avec le haut-commissaire de la République, Jacques Billant, dans certaines communes. Parmi les points abordés, la sécurité. S’il n’a « pas de crainte particulière » pour sa commune, Antoine Romain souhaite que l’État s’engage à sécuriser à la fois la campagne électorale, mais aussi l’organisation du vote le jour J. « Ça me semble être un élément important, car c’est une élection d’une grande importance pour la Nouvelle-Calédonie, il faut que cela se passe dans de bonnes conditions. »

La localisation des bureaux de vote est aussi sujet à réflexion dans les communes ayant fait le choix de les regrouper lors des municipales. À Païta, « nous sommes en train de réfléchir si on conserve les six sites de vote ou si on revient dans certaines zones à un élargissement des bureaux de vote. »

AMBIANCE DE CAMPAGNE

Les municipales ont laissé des traces dans certaines communes. À Bourail, Patrick Robelin s’inquiète davantage de l’ambiance de la campagne provinciale à venir que de la mise en place logistique du scrutin. « Pour les municipales, on a vraiment vécu l’horreur, explique le centriste. Les Loyalistes ont mis une pression terrible, en lançant des missiles tous les jours. Étant donné que l’enjeu est encore plus important pour les provinciales, j’espère que ce ne sera pas pire que ce qu’on a vécu. »

Quelques semaines après les élections municipales, la population ne semble pas s’intéresser – pour le moment – aux provinciales. « Honnêtement, les gens aujourd’hui ont en marre de la politique politicienne. Ils parlent de l’état des routes, de l’entretien du village et de l’emploi. Pas encore des élections provinciales », décrit Stevens Kaouda.

Aux îles, le problème des transports ne semble pas inquiéter les mairies. « Pour les municipales, cela s’est très bien passé, et il y avait déjà la problématique avec Air Calédonie. Je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour les provinciales. On fait avec. Et puis, même si le Betico n’est pas opérationnel pour le moment, il le sera sûrement au moment venu », indique Pierre Qaeze, maire de Lifou.

Une réunion en visioconférence est organisée vendredi 24 avril, avec le haut-commissariat, avant une entrevue avec les mairies de Maré et Ouvéa, dans la même journée. « On en saura un peu plus. »

Nikita Hoffmann