[DOSSIER] Le « Sac Eco Iso » breveté vers d’autres îles

Mike Hosken, âgé de 72 ans, cherche à transmettre sa société Footprint Pacifique qui fait appel à quatre emplois. Ou du moins, l’actuel dirigeant pourrait conserver la partie photo et design, et confier le pôle commercial. © Y.M.

Mike Hosken, de la société Footprint Pacifique, a mis au point un sac conçu à partir de matières recyclées. La baisse du marché local et touristique encourage à la commercialisation vers d’autres régions. Comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie, La Réunion, et surtout, à court terme, Tahiti.

Ses cartes postales, mugs et autres ouvrages tels que le célèbre « Histoire illustrée de la Nouvelle-Calédonie » et la série « Cuisine » colorent le présentoir des commerces. En parallèle de ses activités de photographie et d’édition, en octobre 2023, la société Footprint Pacifique a lancé la commercialisation d’un cabas particulier, le « Sac Eco Iso », « conforme à la loi du pays de 2019 qui interdit le polypropylène tissé » qui s’effrite et se répand dans la nature, explique le PDG, Mike Hosken, par ailleurs photographe et opérateur drone connu en Nouvelle-Calédonie. « Notre sac est fait avec du polypropylène plat, laminé, avec de l’aluminium. » La recette est là : « 75 % du produit est issu du recyclage de bouteilles en plastique et de canettes en aluminium. »

Cet article, dessiné à Nouméa dans le bureau de Footprint Pacifique « après deux ans de recherche et développement », aujourd’hui breveté, et fabriqué en Chine, plaît, selon le dirigeant, car réputé non abrasif, résistant, capable d’accueillir jusqu’à six couleurs en impression avec une bonne définition.

PLUS DE 50 % DU CHIFFRE D’AFFAIRES

Les photos apposées sont typiques. Cocotiers et plages des îles Loyauté, poule de Hienghène, cœur de Voh, cagous, baleines, tortues… investissent les flancs du cabas vendu sous plusieurs modèles, du petit au grand, en passant par la version glacière.

Les Calédoniens, mais aussi les croisiéristes voient là un objet souvenir du territoire doté d’une utilité quotidienne. Une vingtaine de commerces distribuent le produit en Nouvelle-Calédonie. De l’hypermarché à la boucherie. Le nombre d’articles achetés n’est pas révélé. Le prix catalogue, c’est-à-dire sortie fournisseur, tourne autour de 300 francs hors taxe l’unité. Les « Sac Eco Iso », présentés comme « écologiques, pratiques, esthétiques et hygiéniques », selon le dépliant, portent plus de 50 % du chiffre d’affaires de Footprint Pacifique. « C’est le produit phare. »

L’activité, qui s’appuie donc sur la consommation des locaux et l’attrait des touristes, a chuté à la suite des émeutes de 2024, comme pour bon nombre d’entreprises. Un lot de 32 000 exemplaires était parti vers la grande surface Carrefour Kenu-In, qui a brûlé. « Depuis longtemps, je cherche à exporter », explique Mike Hosken, gestionnaire d’origine néo-zélandaise.

« IL FAUT DÉCORTIQUER »

Des contacts sont pris avec des représentants d’hypermarchés dans son pays de naissance. Le dirigeant de Footprint Pacifique, société créée en 1982, puis devenue SARL en 1996, a « une bonne touche » en Australie. Des maquettes sont conçues avec le gigantesque monolithe en plein désert, Uluru, ou des koalas et des inscriptions en anglais.

Un déplacement est prévu à La Réunion le mois prochain, île avec laquelle des discussions sont en cours. Et « on va exporter à Tahiti cette année ». Une vente est prévue à une grande enseigne du fenua. Ce contrat constituera le premier acte d’exportation d’un produit aux photos imprimées adaptées à la destination. Comme le tiaré à Tahiti.

Cet axe stratégique de l’export pourrait très vite prendre de l’ampleur si les marchés australien et kiwi sont atteints. Le rayonnement à l’extérieur de l’archipel s’avère actuellement « une priorité ». Le coût du fret maritime pour un conteneur vers La Réunion est quasiment le double de celui vers la Nouvelle-Calédonie. Les taxes ne sont pas identiques. Et les conditions d’une vente à destination de l’Australie sont autres. « Ce n’est pas juste un nouveau client », expose le PDG de Footprint Pacifique. « Il faut décortiquer » toutes ces données comptables, « les marchés sont tous différents », « mais ce n’est pas inatteignable. On va y arriver ». La société compte surfer sur la vague de réduction du plastique dans ces pays.

Mike Hosken, installé depuis plus de 45 ans sur le Caillou, a une idée : que le gouvernement calédonien ou la compagnie aérienne internationale Air Calédonie offrent aux touristes un cabas « Sac Éco Iso » avec un design propre et un QR-code qui, une fois scanné, renverrait vers un site de réservations d’hôtel, de promotions de séjours, de visites, etc. Une sorte de passeport touristique vers une destination hors norme.

Yann Mainguet

Paysages, animaux, cartes, coquillages… Footprint Pacifique tient à adapter
les photos imprimées au marché visé. © Footprint Pacifique