La mondialisation a fait irruption sur le marché bancaire en Nouvelle-Calédonie. Et tout s’accélère. Comme en ont témoigné les échanges aux premières assises de la Fintech, jeudi 27 août à Nouméa, qui ont réuni tous les acteurs du secteur en vue de bâtir une feuille de route en matière d’outils de paiement et de services financiers innovants.
Point certain, les banques commerciales dites traditionnelles sont bousculées. Tout d’abord, par les effets des crises. Le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, illustrait ce choc lundi 24 août, dans sa déclaration de politique générale. Ces établissements n’ont prêté que 87 milliards de francs en 2025, contre 171 milliards en 2023. « Or quand le crédit se retire à ce point, c’est que la confiance n’est pas revenue. Et sans confiance, pas d’investissement. Sans investissement, pas d’emploi », déplorait le chef de l’exécutif.
Second facteur, ces enseignes doivent de plus en plus affronter la concurrence des néobanques armées d’un dispositif de paiement 100 % digital et bien souvent établies bien au-delà des rives calédoniennes. La solidité et l’ancienneté face à l’agilité. Le marché évolue très vite. Poids lourd de l’économie, le domaine bancaire, hors OPT, avec 1 200 employés et 6 milliards de francs d’impôt sur les sociétés lors des belles années, doit donc s’adapter et inventer. Sans relâcher l’effort. Parce que les néobanques montent en puissance, diversifient leur gamme d’actions et pourraient, pourquoi pas, dans une nouvelle étape, franchir un pas énorme en proposant du crédit. La multibancarisation est en marche. Le client doit lui s’y retrouver.
Y.M.

