[DOSSIER] Le drone se démocratise

Trois catégories de drones peuvent être distinguées : les drones dit « de loisir », généralement de petite taille, les drones de gamme professionnelle, dotés d’une caméra thermique ou équipés de gros zooms, et les drones très haute gamme utilisés par exemple pour l’épandage agricole. Les prix varient entre 80 000 francs et 10 millions de francs. (©N.H)

Il n’est plus rare d’apercevoir un drone se déplacer dans les airs. À l’image du reste du monde, cet appareil volant commandé à distance – ou autonome – s’est démocratisé il y a une dizaine d’années sur le territoire.

Plus uniquement limité aux loisirs, son utilisation transforme aujourd’hui plusieurs secteurs professionnels, permettant un gain de temps, une plus grande efficacité, et quelquefois une sécurité renforcée pour les travailleurs.

En Nouvelle-Calédonie, les drones ont d’abord investi le monde de la communication, puis le secteur des mines. Aujourd’hui, « ils sont présents dans quasiment tous les secteurs », assure David Pedro, fondateur de Drones NC, la première école de formation au pilotage de drones sur le territoire créée en 2015, et l’un des deux centres de formation actuels. Agriculture, audiovisuel, photovoltaïque, électricité, bâtiment… Ils peuvent rendre de multiples services, de l’inspection d’un chantier à la réalisation de photogrammétrie (modèle 3D) à destination des géomètres, en passant par le lavage de serres agricoles.

 Depuis « ces quatre dernières années », les professionnels du secteur ont constaté une « explosion » de la demande en formation et en prestations de drones. Une utilisation massive a d’ailleurs été observée durant les émeutes. « Les personnes ont eu peur, et ceux qui avaient un drone ont pu regarder ce qui se passait dans les environs. À tel point qu’il y a eu des risques de crash d’hélicoptère militaire à cause de drones », informe le gérant de l’entreprise Drones Tech, qui propose des prestations de drones dans divers secteurs, ainsi que la vente de matériel.

 NOUVEAU CADRE APRÈS LES ÉMEUTES

En « perpétuel mouvement », la réglementation européenne sur les drones -dont dépend la Métropole – est l’une des plus strictes au monde. De son côté, la Nouvelle-Calédonie s’inspire de cette réglementation européenne, tout en ayant la possibilité de créer ses propres règles.

Les émeutes de 2024, et l’utilisation massive de drones à cette période, ont fait évoluer leur encadrement. Une Brigade des moyens aériens (BMA) a été créée et intervient à Nouméa, de façon « très active », sur le contrôle des drones. Elle est venue compléter la Brigade de Gendarmerie du transport aérien (BGTA), opérant autour de Tontouta ainsi que sur la zone gendarmerie. « Aujourd’hui, quand un drone décolle, les organes de contrôle le savent. Ce n’est plus comme il y a quelques années, où chacun faisait ce qu’il voulait avec son drone. On est à la pointe de la technologie », souligne David Pedro. La Direction territoriale de la police nationale est aussi autorisée à utiliser de tels dispositifs, afin « d’assurer la prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens, la régulation des flux de transport » et pour le secours aux personnes, selon la réglementation de l’État établie en 2025.

La réglementation locale pour l’usage de loisir et professionnel, détaillée sur le site de l’Aviation civile, prévoit un système de zonage, avec certaines localités interdites. La hauteur autorisée pour un drone ne dépassant jamais 120 mètres (avec des variantes à 50 mètres, 30 mètres, etc.). Les grandes règles à garder en tête pour l’usage de loisir : ne pas survoler les personnes ni les habitats, ne pas l’utiliser la nuit, à proximité des aérodromes ou au-dessus de l’espace public en agglomération. Le non-respect de ces règles est passible d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende ( soit 8,9 millions de francs).

N.H