[DOSSIER] La Coupe a 100 ans

La Casinos Coupe Clarke célèbre son centenaire grâce à l’engagement de plusieurs générations de passionnés : propriétaires, éleveurs, bénévoles, partenaires et amoureux du cheval. Ici, la warm up qui s’est tenue le 9 août. (©C.M)

La Coupe Clarke, course hippique emblématique de la Nouvelle-Calédonie, célébrera le centenaire de sa création, le 23 août. Née en 1926, elle compte parmi les plus anciennes compétitions sportives encore disputées sur le territoire. Son idée revient à Ernest Edward Clarke, négociant en farine australien. « Intégré dans le milieu des affaires, proche notamment d’André Ballande, investi, lui aussi, dans les courses hippiques, il décide de créer une course spécialement dédiée aux chevaux nés en Nouvelle-Calédonie pour améliorer l’élevage local », situe Éric Sauvan, président de la Société sportive de Nouvelle-Calédonie.

Le commerçant avait fixé une condition de poids pour âge et interdit la course aux chevaux castrés, les hongres. Pour remporter définitivement la coupe, un cheval devait s’imposer trois années consécutives sous les mêmes couleurs. « Une coupe en or de 9 000 francs de l’époque » était alors en jeu. Comme à la Melbourne Cup de l’hippodrome de Flemington, créée en 1861, les femmes venaient dans leurs plus belles tenues – chapeaux compris – accompagnées de messieurs en complet, pour cette course très prisée qui se tenait autrefois sous le patronage du gouverneur, en présence de toute la haute société.

La Coupe Clarke connaîtra une interruption de 1940 à 1946 – « des jockeys japonais avaient même été expulsés » – puis deux autres, bien plus tard, en 2020, lors de l’épidémie de Covid-19, et en 2024, en raison des exactions. Au total, 92 éditions auront été disputées en 100 ans. Pourquoi une telle longévité ? « C’est le rêve de tout propriétaire d’amener un cheval de la naissance jusqu’à la piste et de pouvoir le voir briller », estime Éric Sauvan.

La course, qui avait débuté à Dumbéa-Nondoué, continue de réunir toute la Nouvelle- Calédonie à l’hippodrome Henry-Milliard. Elle est, depuis plus de vingt ans, soutenue par les Casinos de Nouméa. « Cette vieille dame est encore bien vivante et vieillit très bien ! », se réjouit Éric Sauvan.

La Coupe Clarke a attiré jusqu’à 5 000 visiteurs sur site dans les années 1960, à une époque où les sources de divertissement étaient moins nombreuses. La Société sportive – une quarantaine de personnes mobilisées pour la tech- nique et l’encadrement – espère en réunir 3 000 cette année. La ville de Nouméa a visiblement livré « un hippodrome parfait » et « toutes les conditions sont normalement réunies pour accueillir les participants et le public dans les meilleures conditions ».

Chloé Maingourd

 

Pour ce centenaire, la Société sportive a prévu sept courses, avec jusqu’à douze chevaux par épreuve, et une dotation exceptionnelle de deux millions de francs.

De nombreuses animations sont également prévues à l’hippodrome Henry-Milliard : un spectacle équestre, des balades à poney, une course de poneys, des démonstrations western et stock, le traditionnel concours de chapeaux, un village avec des stands d’artisanat local, la présence des Miss… Une exposition reviendra également sur les grands moments de la Coupe Clarke.