[DOSSIER] Kenu-In : « Il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton »

Les opérations de déconstruction et de déblaiement du site Kenu-In, un complexe qui accueillait auparavant 600 employés, ont duré plus d’un an. L’idée est aujourd’hui de tout reconstruire à l’identique, excepté la galerie commerciale qui évoluera un peu. (©Archives Y.M)

Le groupe Kenu-In, dont le pôle commercial éponyme a été dévasté à Dumbéa, souhaite un accord avec les assureurs sur le montant de l’indemnisation. Le projet de l’hypermarché et de la galerie est déjà dessiné.

Pour l’instant, « rien n’est engagé », reconnaît Hervé Pradal, directeur général du groupe Kenu-In. Néanmoins, les idées sont claires sur le devenir du pôle commercial du même nom, un endroit pillé et incendié pendant les émeutes de 2024. Le déblaiement du site, implanté à Dumbéa et étendu sur 40 hectares, est terminé depuis la mi-août après plus d’un an de désamiantage, démontage, tri et de transport des débris. L’opération sur fonds propres a pris du temps au niveau de l’hypermarché et de la galerie. C’est-à-dire sur les 6 500 m2 de surface de vente, derrière, les 6000 m2 de stockage, et les 4000 m2 du hall, avec la trentaine de boutiques réduites en cendres. Des milliers de tonnes ont été évacuées.

Ouvert en 1989 avec Euromarché à l’époque, le site comptait, au total, avant le chaos, près de 60 commerces. Le groupe Kenu-In, dont la famille Pentecost est actionnaire, était propriétaire des locaux, loués aux exploitants. « La zone était attractive, souligne Hervé Pradal. Le centre marchait bien. Aujourd’hui, tout le monde veut le revoir, en mieux évidemment. »

Mais un point n’est toujours pas réglé : l’indemnisation auprès de l’assureur. La décision constitue un élément capital dans la balance pour la reconstruction. « Il est dans l’intérêt de tout le monde que ça aille vite, ce projet va générer du travail, pour beaucoup de personnes d’entrée de jeu sur les chantiers, puis à terme, avec les commerces », environ 500 salariés d’après les estimations, relève le directeur général du groupe Kenu-In. Cette entité a déploré au total entre 10 et 11 milliards de francs de dégâts, à Ducos, à Magenta, à Païta… et surtout à Kenu-In avec entre la moitié et les deux-tiers du montant.

UN ESPACE ENFANTS

Le litige avec l’assureur porterait sur le nombre de sites touchés. La négociation a trait à l’épaisseur du remboursement : six, sept, huit milliards… Et tant que les fonds n’arrivent pas, difficile de financer un projet de reconstruction. Tout est ficelé néanmoins, les plans sont prêts, « il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton », explique Hervé Pradal.

« Si on trouve un accord avec les assureurs, tout redémarre » note Hervé Pradal, directeur général du groupe Kenu-In. (©Y.M)

L’hypermarché, toujours sous l’enseigne Carrefour, sera reconstruit à l’identique en termes de surface. Tout comme la galerie, mais avec un autre coup de crayon, plus moderne, dans un style plus aéré, d’après le représentant du groupe. L’esprit familial demeurera. Un lieu sécurisé recevra les enfants pendant que leurs parents feront leurs courses. Le projet intègrera aussi un volet écologique, cet aspect est aujourd’hui étudié, les promoteurs pensent à un équipement de panneaux solaires pour l’alimentation du centre, à des bornes électriques pour les voitures…

La galerie accueillera à peu près le même nombre de magasins qu’auparavant, un espace food court est prévu, en revanche, Conforama n’existera plus en raison des nouvelles conditions du marché.

Le groupe a demandé un permis de reconstruction des nombreux locaux disposés avant mai 2024 sur le site. La dalle de l’ancien magasin Decathlon est conservée. Le bâtiment sera achevé fin novembre. Avec à nouveau l’enseigne spécialisée dans la vente d’articles de sport ? La décision n’est pas encore arrêtée. Bref, « aujourd’hui, nous sommes prêts à tout reconstruire, expose le directeur général. Tout dépend des assureurs ».

En parallèle, Kenu-In travaille sur le dispositif de défiscalisation nationale estimée à 36 % du montant de l’investissement. Si un accord est trouvé d’ici peu avec Allianz, les travaux démarreront illico et le temps de reconstruction s’étendrait sur 24 à 28 mois. Soit une ouverture des portes fin 2028.

Yann Mainguet

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Parmi ses diverses activités, comme Nouméa Surgelés, le groupe Kenu-In gère dix magasins Carrefour : cinq Express et cinq Market. L’unité de Ducos, pour laquelle le permis de construire a été obtenu, va peut- être revoir le jour si le montant des assurances est débloqué.