De l’aveu d’un grand connaisseur des appareils de la République, le dispositif instauré mercredi 2 juillet à l’Élysée pour la réception des délégations calédoniennes, politiques ou de la société civile, était inédit. Un format autant exceptionnel qu’impressionnant. Tous les plus hauts représentants de la France, au sens institutionnel du terme, étaient réunis pour l’ouverture du « Sommet sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ». L’hôte, bien sûr, qui avait lancé l’invitation, le président de la République, Emmanuel Macron, mais aussi le Premier ministre, François Bayrou, ou encore les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, et le ministre des Outre-mer, Manuel Valls.
L’accueil était donc somptueux. Tout d’abord, parce que le chef de l’État souhaite imprimer sa marque dans le dossier sensible de l’archipel après l’échec du « conclave » de Deva, à Bourail, début mai. Parce que la marche est aussi bien haute au terme de plusieurs années d’atermoiement et de la période de violences en 2024. « Suite aux résultats des trois référendums qui ont confirmé la place de la Nouvelle-Calédonie dans la République », le chef de l’État « a appelé à repenser le statut du territoire et à bâtir un avenir nouveau », a observé l’Élysée.
La démarche vise ainsi à « instaurer un dialogue garant d’un équilibre politique, social et culturel durable, adapté à la réalité calédonienne, avec pour ambition de dépasser les logiques d’opposition pour construire, avec tous les Calédoniens, un avenir partagé, équilibré et pérenne ».
« DISCRÉDITÉE ? »
À travers cette cérémonie d’ouverture du « Sommet » sous les dorures, Emmanuel Macron entendait certainement rappeler aux élus calédoniens leurs responsabilités. À l’heure du bouclage de cette édition, les délégations politiques négociaient toujours, à l’hôtel de Bougival, dans les Yvelines, à 20 kilomètres de Paris. Au fil des jours, selon des échos, le sentiment dominant variait entre le pessimisme pesant et l’optimisme raisonnable, entre l’espoir timide d’un accord global et la perspective d’un accord a minima… Il en va de l’avenir institutionnel du territoire bien sûr, mais aussi de son redressement économique, de la vitalité des élections et d’une question grave, soulevée par les députés de la mission d’information sur la situation de la Nouvelle-Calédonie dans leur dernier rapport : « La classe politique néo-calédonienne est-elle discréditée ? »
Y.M.

