[DOSSIER] Des idées dans le Nord et les îles

La quantité et la qualité de l'eau ont toujours soulevé des questions dans la zone VKP, Voh-Koné-Pouembout. © Photo Jean-Marc Barrère / Hans Lucas via AFP

Histoires d’eau à Pouembout

La province Nord a décidé de se doter d’un barrage face au déficit en eau dans la zone VKP. © DR

La question de l’alimentation en eau revient depuis des décennies dans les conversations des habitants de la zone VKP. Notamment en période de sécheresse où des alertes sont émises. La commune de Pouembout figure dans la liste des bénéficiaires des aides de l’État à travers au moins deux projets d’ampleur.
Pour la province Nord, dès 2013, le barrage s’est finalement imposé comme la meilleure réponse aux enjeux de création d’un nouveau pôle urbain et de développement agricole. Le type d’ouvrage dit « barrage poids » demande la construction d’un mur de béton compacté de 37 mètres de haut, l’installation favorisera une retenue d’eau d’environ 120 hectares. Le volume est estimé à 9,9 millions de m3. Les études techniques sont réalisées pour ce projet qui nécessitera un investissement d’un peu moins de dix milliards de francs.
Les coutumiers sont associés, un comité local d’information et de suivi (Clis) a été créé. Des kilomètres de route sont nécessaires pour atteindre la zone de travaux – le premier coup de pioche est attendu dans plusieurs années – et d’exploitation future. L’État participera donc financièrement, cette année, à ce chantier d’accès, mais la province Nord n’a pas souhaité livrer de précisions sur ce dossier, pourtant capital dans la commune et au-delà.

UNE MEILLEURE QUALITÉ

La construction d’une station de traitement d’eau potable des forages de Pouembout est aussi mentionnée. Cette ressource, qui alimente presque tout le village de la commune et la moitié du centre de Koné, présente des concentrations élevées en fer et manganèse. Ce qui provoque une coloration plus ou moins marquée du liquide pour les usagers. Le syndicat intercommunal à vocation multiple (Sivom) VKP a souhaité mettre en place une station de traitement pour assurer la distribution d’une eau de meilleure qualité. Une étude de maîtrise d’œuvre a été lancée en décembre 2022.
L’ouvrage sera construit sur le site des réservoirs de Païamboué. Les travaux comprendront la réalisation d’une station d’une capacité de 3 000 m3/jour, le traitement des boues par lits de séchage ou encore le raccordement électrique. Estimé à un peu plus de 260 millions de francs, ce projet est financé par la province Nord, mais aussi par l’État à deux niveaux : 67,5 millions de francs dans le cadre du plan de relance, et 135 millions à travers le fonds communal de développement.
Les consultations seront lancées courant avril. Suivront les travaux. La fin de la construction de la station de traitement d’eau potable est annoncée pour le début de l’année 2027. La population attend fortement ce chantier et surtout sa finalité.

 

Un soulagement à Tiga

Les liaisons entre la petite île de Tiga, bijou naturel des Loyauté, et le reste du monde sont souvent compliquées. © Archives Yann Mainguet

L’État va aider financièrement à la rénovation de la rampe d’accostage à Tiga, aux îles Loyauté. Cet ouvrage, qui a bien vécu, reçoit aujourd’hui régulièrement les petits bateaux de la province des Îles et les barges affrétées par la commune de Lifou pour le transport des déchets et du gros matériel. Puisque le wharf est hors service.
Par courrier du 13 mars, l’État a informé l’institution des Loyauté que le projet d’agrandissement et de rénovation de la rampe de Tiga a été présélectionné, dans le cadre de la première vague du pacte de refondation économique et sociale. Il s’agit d’un projet qualifié de stratégique pour la desserte de l’île, dont le coût est estimé à 400 millions de francs. Une facture acquittée a priori à 100 % par Paris.
Les travaux consistent donc en la consolidation et l’agrandissement de l’ouvrage existant, mais aussi en des aménagements terrestres. Selon la province des Îles, cette réalisation impliquera nécessairement l’acquisition d’une barge automotrice destinée à desservir régulièrement l’île de Tokanod. « Ce moyen de transport est indissociable de l’infrastructure et sera proposé dans le cadre de la vague 2 du plan de relance. »

Yann Mainguet