[DOSSIER] Dans l’objectif de Tobias Friedrich

Le photographe sous-marin allemand est président d’honneur du festival Sublimage. Depuis une quinzaine d’années, il parcourt les eaux froides et chaudes du globe à la recherche du cliché parfait.

En sillonnant les mers et les océans pendant quinze ans, Tobias Friedrich a vécu la plupart des aventures de Cousteau dont il rêvait enfant. « Les émissions de Jacques-Yves Cousteau et de la Calypso me passionnaient, raconte le photographe multiprimé. Ça a créé ma fascination pour les océans. »

Rien n’arrête son envie dévorante d’explorer le monde du silence. Le quadragénaire nage autant sous les tropiques que sous les icebergs. Peu importe la température, il pourrait rester des heures dans l’eau à attendre la bonne photo.

 

Cette baleine à bosse n’a pas été observée dans la baie de Prony, mais au large d’Oman. La population du sultanat ne migre pas, contrairement aux autres groupes. « On l’a croisée en traînant dans une baie en masque et tuba », explique Tobias Friedrich. L’artiste garde de cette rencontre l’une de ses plus célèbres photos et une cicatrice sur la main. « Elle était très curieuse et s’est tellement approchée que j’ai été heurté par sa queue », raconte-t-il. La photographie a été prise après l’incident et la peur retombée.

 

« La photographie est toute ma vie, mais on doit savoir quand arrêter pour ne pas déranger les animaux tout le temps. Cela reste des animaux sauvages. » Ses photos figent ses plus belles rencontres sous la surface. Il recherche avant tout la spontanéité. « C’est ce que j’aime dans la photographie documentaire. Je sais approximativement ce que je veux photographier quand je me rends quelque part, mais je n’ai pas une liste des animaux que je veux voir », explique-t-il.

Immortaliser et protéger

Son travail lui sert à partager les richesses immortalisées à toutes les latitudes. S’il rêve de tomber sur un phoque léopard ou une baleine bleue, Tobias Friedrich ne dénigre pas le charme « simple » d’un poisson clown ou d’un hippocampe pygmée. « J’essaie de faire de belles photos pour vivre, mais aussi pour préserver l’environnement. On ne protège que ce qu’on connaît et ce qu’on voit », affirme-t-il.

 

« Je ne sais pas vraiment ce que c’est, reconnaît volontiers Tobias Friedrich. Je ne suis pas biologiste marin. » Le fascinant animal a été aperçu quelque part en Asie lors d’une plongée de nuit en eau profonde, ou « black water diving ». Les plongeurs descendent en pleine mer le long d’une ligne avec plusieurs projecteurs. « Parfois, tu ne vois rien du tout. D’autres fois, tu vois des juvéniles, des pieuvres et d’autres animaux. » Son œil a été attiré par la « forme et la silhouette » transparente de la créature

 

À travers ses cours et ses ateliers, le plongeur tente justement de transmettre un peu de sa passion pour que le plus grand nombre puisse « voir et montrer » la beauté des profondeurs. « Un appareil photo cher permettra de faire plus de choses, mais les photographies ne seront pas meilleures. La composition de l’image compte aussi », insiste-t-il. Son conseil ? Essayer et réessayer, parce que « tout peut rendre une image sous-marine belle ».

 

Les requins tigres ont mauvaise presse en Nouvelle- Calédonie. Tobias Friedrich a nagé avec plusieurs d’entre eux. Ici, à Tahiti, les poissons ont été appâtés. « C’est difficile sinon d’avoir une bonne image, confie-t-il. Ils restent à distance. » Le photographe aguerri a côtoyé la plupart des espèces de requin, du grand blanc à son préféré, le grand requin-marteau. « J’adore les prendre en photo, parce que ce sont des animaux magnifiques. C’est aussi important de le faire parce qu’ils jouent un rôle pour la biodiversité. »

Brice Bacquet

Tous les photos de Tobias Friedrich sont à retrouver sur son site internet Below surface (sous la surface en anglais).

Photo : Tobias Friedrich a concouru à plusieurs éditions du festival calédonien et remporté quelques prix / B.B.

 

 

 

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