[DOSSIER] Cinq projets structurants proposés par la province Sud

Le début du remblai en scorie réalisé entre septembre 2025 et mars 2026 concernant la liaison en mer Ducos – Koutio.

Dans la liste de 64 projets présélectionnés par l’État, cinq sont portés par la province Sud. Ils concernent principalement des infrastructures routières et l’aménagement d’îlots en lien avec les piliers du pacte de refondation de l’État : désenclavement, adaptation au changement climatique et développement du tourisme.

Dans le cadre du premier appel à projets, la province Sud a retenu des opérations pouvant démarrer rapidement. Sur cinq ans, l’État prévoit 200 millions d’euros, soit 24 milliards de francs, dédiés à des investissements structurants susceptibles de soutenir l’activité, notamment du BTP.

Les collectivités ont été informées des projets retenus le 13 mars et les dossiers doivent être complétés et déposés d’ici le 14 avril. « Pour la province Sud, les projets concernés sont déjà instruits, voire entamés, explique Jean-Pierre Breymand, directeur de la DAEM, Direction de l’aménagement, de l’équipement et des moyens. Il a été proposé que le financement par l’État des opérations relevant du contrat de développement 2024-2027 soit porté de 75 à 100 %. Cela nous permet d’accélérer les chantiers puisqu’on aura tout de suite accès aux budgets pour terminer ces opérations. » L’enveloppe envisagée se situe entre 1,8 et 3,8 milliards de francs, selon les options retenues.

Un second appel à projets est attendu rapidement. « On continuera de travailler pour faire des propositions. C’est essentiel. Cela veut dire que nos fonds propres vont pourvoir servir ailleurs, poursuit le directeur. L’objectif est d’être au maximum des capacités provinciales pour participer à la reprise économique. »

DESSERTE DUCOS-KOUTIO

La province Sud prévoit la construction d’une liaison en mer afin d’améliorer la circulation entre Ducos et Koutio et de soutenir le développement de la zone industrielle. La route longera la future prison envisagée par l’État et assurera sa liaison avec le Médipôle. Estimé à dix milliards de francs sur dix ans, ce projet pourrait bénéficier dès à présent de 3,4 milliards, soit environ un tiers de l’opération. La première tranche de remblai en mer, en scorie, s’est achevée en mars. Un nouvel appel d’offres sera lancé au deuxième trimestre pour la suite des travaux sur trois ans qui mobiliseront plus de 900 000 tonnes de scorie.

VOIE D’ENTRECROISEMENT EN SORTIE DE NOUMÉA

Entre Ko We Kara et la bifurcation vers Koutio, les flux vers Ducos, le Mont-Dore, Dumbéa, Païta saturent un axe emprunté par 72 000 véhicules quotidiennement. « C’est le tronçon le plus circulé en Nouvelle-Calédonie, souligne Jean Pierre Breymand. Le projet prévoit l’ajout d’une voie supplémentaire de chaque côté afin de fluidifier la circulation. » Déjà inscrit au contrat de développement pour une première tranche à hauteur de 75 %, le chantier, évalué à 1,4 milliard de francs, pourrait être financé à 100 %. Il devrait s’achever fin 2028 ou début 2029. L’appel d’offres pour les terrassements sera lancé au deuxième trimestre pour que l’opération puisse commencer en fin d’année.

Le linéaire concerné par la réalisation des voies d’entrecroisement (3èmes voies dans les deux sens de circulation) en sortie de Nouméa pour fluidifier le trafic aux heures de pointe.

RP10 À THIO – SECTION OUROUÉ- MINE SOMIKAT

Le troisième dossier concerne la route provinciale n°10 de Thio, en direction de Canala. La SLN souhaite rouvrir plusieurs mines, dont Somikat, ce qui nécessite un renforcement de la chaussée. « Comme il y a des roulages en surcharge sur nos routes, on a contractualisé avec la SLN, qui participe financièrement aux travaux, mais ça ne suffit pas », précise le directeur. Le coût total est estimé à 530 millions de francs pour des travaux prévus à partir du deuxième semestre 2026 et jusqu’à fin 2027.

TRAVAUX À L’ÎLOT AMÉDÉE ET L’ÎLE AUX CANARDS

À l’îlot Amédée, vitrine du tourisme pour la collectivité, un projet inscrit au contrat de développement pour 248 millions de francs vise à réparer les dégâts causés par l’érosion. Là encore, il s’agit de porter le taux de financement de l’État à 100 %. « Certains bâtiments étaient dans le vide, d’autres sont tombés. Ils seront reconstruits en retrait, explique le directeur de la DAEM. Il faut également rétablir la plage, qui a reculé. » Les premiers travaux sont prévus en septembre, l’opération de reconstruction est annoncée pour la fin d’année et le début de l’année prochaine.

Des « reef balls », des blocs en béton, doivent être installés en mer pour casser les vagues et éviter qu’elles viennent déplacer le sable vers la face arrière de l’îlot. Des coraux y seront greffé pour que la vie s’y développe. « Ce projet novateur constituerait un test pour d’autres îlot dans le contexte du chan- gement climatique. »

Le projet de récif artificiel prévu à l’îlot Amédée.03

Le site accueillera des farés, une boutique, une cuisine, etc. et sera alimenté par des panneaux solaires et un osmoseur pour l’eau douce. Enfin, la province accompagnera le projet de Promosud pour l’île aux Canards qui prévoit un ponton d’accès flottant, des sanitaires sèches, du photovoltaïque à batteries, une mise aux normes pour l’accueil d’évènements festif d’ampleur pour un montant de 200 millions de francs.

Chloé Maingourd