Discussions autour de la filière chanvre

L’association des chanvriers de Nouvelle-Calédonie organisait, mardi soir, une conférence-débat sur les opportunités de la filière chanvre qu’ils souhaiteraient voir se développer sur le territoire.

Trois marchés sont en plein boom à l’échelle mondiale, le chanvre industriel, médical et récréatif. Mais le sujet reste tabou ici, puisque le cannabis est toujours associé à la drogue. Si le chanvre et le cannabis appartiennent bien à la même espèce, la différence tient à l’usage de la plante et surtout à sa teneur en THC, substance psychoactive du cannabis (moins de 0,2 % pour le chanvre, plus de 0,2 % et jusqu’à 5 % voire 20 % pour le cannabis). Le chanvre, l’une des premières plantes domestiquées, ont-ils expliqué, a l’avantage de pousser rapidement, sans traitement phytosanitaire, sans malmener les sols, bien au contraire, et absorbe le C02 en quantité. Après une récolte et défibrage mécanique utilisant peu d’énergie, toute la plante est valorisable (fibre, bois, poussière, graines, fleurs, feuilles).

Le chanvre peut être utilisé pour fabriquer du béton, des huiles, des fibres pour la confection des cordages, des voilures, de l’habillement. Il est aussi présent dans la papeterie, l’alimentation, les médicaments, le paillage. Il peut remplacer les composites plastiques ou encore servir au secteur de l’automobile.

À ce jour, alors que les réglementations évoluent au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie, la production et la détention de cannabis sont interdites en Nouvelle-Calédonie. Et la réglementation interdit également l’importation de semences de chanvre, considéré comme une espèce invasive. Les chanvriers de Nouvelle-Calédonie rappellent, si besoin était, que ces plantes sont déjà bien présentes localement (plus de 90 000 pieds de cannabis arrachés chaque année !).

Il s’agit, selon eux, d’une filière économique durable, porteuse et dans l’air du temps, qui permettrait également de reprendre le contrôle sur les productions locales, sur leur quantité de THC et de métaux lourds, de contrôler et de certifier les produits. Ils appellent les politiques à avoir le courage de se pencher sur cette question. Certains représentants assistaient, d’ailleurs, à ce rendez-vous ainsi que des professionnels de la bio construction et des produits naturels. Les discussions sont engagées.

C.M.

 

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