Des nouvelles du front Covid

Le territoire a peut-être retrouvé son statut Covid-Free, mais régulièrement le virus frappe à sa porte.
Un nouveau cas positif hors quatorzaine en hôtel a ainsi été détecté dimanche. Les élus planchent toujours sur une stratégie à plus long terme et doivent communiquer davantage sur la vaccination.

Après deux cas en quatorzaine vendredi dernier, le territoire a enregistré dimanche un nouveau cas positif de Covid-19 de nature plus inquiétante.

Selon les quelques informations données par le gouvernement, il s’agissait d’un marin en transit, arrivé par le vol en provenance de Tokyo, vendredi 16 avril. Celui-ci aurait été conduit, dès sa sortie de l’aéroport, vers un bateau de commerce sur lequel il travaille. Il a été testé samedi matin à bord de ce navire, qui a quitté le territoire dans la nuit de samedi à dimanche, direction la Corée du Sud.

Le résultat du test a été connu dimanche. L’agent maritime a été prévenu et des investigations ont été menées pour retrouver les personnes ayant été en contact avec ce marin durant son transit, indique le gouvernement, qui assure qu’il n’y a pas eu de suite…

Une procédure sanitaire « pas fiable », selon la province des Îles

Par manque d’information, peut-être, on s’interroge forcément sur le régime auquel ce marin était soumis lors de son transit. Comment s’est déroulé le sas sanitaire ? Les personnes contact ont-elles été isolées ? Des réponses doivent encore être apportées.

Dans un communiqué, le président de la province des Îles a indiqué que selon ses informations, le nouveau cas de Covid-19, « n’aurait pas suivi le protocole sanitaire habituel ». Il s’agit, selon Jacques Lalié, d’une « énième preuve que la procédure sanitaire n’est pas fiable, car insuffisamment appliquée ». Deux questions sont posées : « Comment se fait-il que des personnes puissent s’absoudre de tout protocole sanitaire ? » et « Comment se fait-il que notre sas sanitaire soit aussi perméable et puisse mettre en danger nos populations ? ». Le président demande aux autorités compétentes qu’une enquête approfondie soit diligentée au plus vite « afin de nous prémunir d’une éventuelle propagation du virus (qui) nous enlèverait notre statut de Covid-Free ».

Améliorations

En attendant, on sait que le gouvernement planche à la fois sur le renforcement des protocoles dans les sas sanitaires (avec normalement le dispositif de vaccination exigée pour le personnel au contact des voyageurs), mais également sur son système d’alerte, comme en Nouvelle-Zélande. Le débat se poursuit également sur la réouverture éventuelle des frontières et les conditions dans lesquelles celle-ci pourrait intervenir. Une réduction de l’isolement de 14 à 7 jours pour les personnes vaccinées est à l’étude. Elle concernerait, dans un premier temps, les Calédoniens et s’ouvrirait ensuite à l’ensemble des voyageurs. Cela impliquerait la mise en œuvre d’un passeport vaccinal.

Tous ces sujets ont été évoqués en séance plénière du Congrès, mercredi dernier. L’idée de la création d’une commission d’enquête a également été défendue par Calédonie ensemble, l’UC- FLNKS et Nationalistes et l’Éveil océanien pour connaître dans le détail les procédures, les failles intervenues dans le dispositif et les points d’amélioration. Une demande sera soumise au Congrès. L’UNI a dit réserver sa position pour le vote, qui devrait intervenir lors des prochaines séances.

Contributions

La société civile participe également au débat sur la future stratégie qui sera employée par la Nouvelle-Calédonie. Ainsi, la Fédération professionnelle des libéraux de santé, la CPME- NC et la Finc ont mis à disposition des autorités un document issu des travaux menés depuis 2020 au sein d’un groupe sécurité sanitaire rassemblant une vingtaine d’intervenants de divers horizons. Ils proposent la mise en œuvre d’un véritable plan épidémique qui éliminerait la nécessité d’un confinement en faveur du maintien, même réduit, de la continuité économique, tout en préservant la santé des Calédoniens.

Ils préconisent, notamment, un système d’alerte comme pour les cyclones (avec alertes SMS OPT), la création d’une cellule sanitaire incluant les autorités coutumières, la définition du motif impérieux, de la politique de gestion du matériel stratégique dans l’hospitalier et les entreprises, de la communication de masse, le conventionnement de la téléconsultation, la régulation du télétravail, la digitalisation du territoire…

Autre contribution locale, celle du docteur Kader Saïdi, avec la Fondation Jean-Jaurès. Selon lui, si la Nouvelle-Calédonie a eu raison de choisir une stratégie Covid-Free, il faut maintenant effectivement chercher à s’adapter. Il faut renforcer la méthode actuelle (tracer, tester, isoler) avec davantage de moyens, élargir la campagne de vaccination et la rendre incitative, pédagogique et transparente. Il juge d’ailleurs que la stratégie Covid-Free est incompatible avec la politique vaccinale… Il plaide également pour un dispositif d’alerte Covid et préconise une étude pilote avec certificat sanitaire, tests PCR et charte pour les arrivants, en vue d’une réouverture maîtrisée des frontières.

Ralentissement de la vaccination ?

Alors que le territoire a retrouvé une situation confortable, le risque est que les demandes de vaccination chutent. En douze jours pourtant, entre le 8 et le 20 avril, selon les chiffres du gouvernement, 13 674 doses ont encore été injectées pour un total désormais de près de 55 000 doses avec près de 22 000 personnes totalement vaccinées, ce qui n’est pas négligeable. Plus de 1 500 doses ont été administrées par jour cette semaine, selon les autorités. Mais peut-être que les demandes se localisent différemment, moins en Brousse et davantage vers le Smit.

Certains, en tout cas, souhaitent obtenir davantage d’informations sur le vaccin, qu’il faudrait effectivement leur apporter, et d’autres estiment qu’ils peuvent prendre le temps puisque le virus ne circule pas. Problème, selon les autorités sanitaires, c’est maintenant que nous disposons d’un approvisionnement stable et d’une organisation conséquente. L’envoi des doses de l’État est d’ailleurs corrélé à la demande. Si nous commençons à « perdre » des doses, on imagine mal qu’il continuera à ce rythme. Le gouvernement devrait mettre en place une importante campagne de sensibilisation et d’information.

Les contributions sont disponibles via un lien Facebook pour la FPLS (Fédération des professionnels libéraux de santé de Nouvelle-Calédonie) et sur jean-jaures.org/nos- productions pour le Dr Saïdi.


Une troisième dose du vaccin Pfizer « probablement nécessaire »

©afp

Il est vraisemblable qu’une troisième dose sera nécessaire dans un délai de « six mois à un an » ainsi qu’un rappel chaque année pour les personnes ayant reçu le vaccin Pfizer, a indiqué le laboratoire. L’objectif est de s’adapter aux variants du coronavirus, mais également à la réponse des anticorps dans le temps. Tout cela reste hypothétique, indique Pfizer, qui mène justement depuis plusieurs mois des études cliniques sur les effets d’une troisième dose contre les variants et sur la durée d’efficacité du produit. La troisième dose n’a pas encore d’autorisation de mise sur le marché.


Le comité d’urgence de l’OMS contre le passeport vaccinal

Alors que la pratique semble séduire certains pays, le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé sur le Covid-19 a prononcé un avis défavorable sur le passeport vaccinal obligatoire pour les voyageurs internationaux. Les experts estiment que même si elles sont croissantes, les preuves concernant la performance des vaccins sur la réduction de la transmission du virus restent encore insuffisantes. Par ailleurs, selon eux, il s’agirait d’un vecteur de discrimination puisque l’inégalité persiste en matière de distribution mondiale des vaccins. « Les États parties sont vivement encouragés à reconnaître que l’exigence d’une preuve de vaccination peut aggraver les inégalités et favoriser une liberté de circulation différenciée », écrivent-ils.


Une marche « pour la liberté » samedi

Les associations et collectifs Corail vivant – Terre des hommes, Ensemble pour la planète, Tokoni ki Uvea mo Futuna et Hihifo organisent une marche pacifique ce samedi 24 avril « pour la liberté vaccinale et contre toute espèce de passeport vaccinal ». Le rendez-vous est donné à 9 heures devant le gouvernement, Baie-de-la-Moselle, puis direction le Congrès et le haut-commissariat. Les organisateurs remettront leurs doléances aux représentants des institutions.

C.M.

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