De nouveaux interlocuteurs pour la Calédonie

Après la francophonie, la fonction publique et l’outre-mer, Annick Girardin, indéboulonnable, récupère le portefeuille de la mer, promu en ministère dans le nouveau gouvernement Castex et attendu depuis des années. Depuis 2017, la Saint-Pierraise aura montré une force d’apaisement indéniable. Plus à l’aise sur le terrain, elle aura répondu présent lors du cyclone Irma aux Antilles, la crise des Gilets jaunes à La Réunion, la crise sociale à Mayotte. Mais elle aura enregistré des échecs, notamment dans la gestion de la crise sanitaire en Guyane, et déplu sur nombre de questions économiques.

La politique centralisante de l’État ne lui a pas non plus permis de nous transcender et c’est particulièrement vrai en Nouvelle-Calédonie, où l’on a plus entendu le Président de la République et le Premier ministre, contexte oblige. Elle restera inévitablement dans notre sillage connaissant la place qu’ont nos territoires dans la ZEE française. Mais à vrai dire, plus qu’Annick Giradin, c’est Édouard Philippe, apprécié de la classe politique calédonienne, qui risque de laisser un vide. Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, aura du mal à remplacer ce rocardien, passionné par notre évolution institutionnelle, qui s’est rendu particulièrement disponible.

À l’Outre-mer, arrive Sébastien Lecornu, vingt-deux ans de moins que sa prédécesseure, ancien secrétaire d’État à la Transition écologique sous Nicolas Hulot, puis ministre des Collectivités territoriales. Ce proche de la première heure de Bruno Le Maire, à l’UMP, puis chez les Républicains, converti à la macronie, n’est pas ultramarin et figure dans un gouvernement qui, disons- le, n’a d’ailleurs plus beaucoup de diversité. Mais on lui attribue une bonne connaissance des territoires qu’il a pu découvrir lors de ses différentes fonctions au sein des gouvernements Philippe. Il pourra s’appuyer dans ses missions sur Philippe Gustin, ancien préfet de Guadeloupe, nommé directeur de cabinet. Il aura comme premiers objectifs la gestion de la crise sanitaire, la relance économique, notre référendum, la reprise de Vale NC…. Il compte déjà deux visites en Nouvelle-Calédonie et, dit-on, « connaît le dossier ». Sa proximité avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, pourra servir.

Le timing de ce remaniement, pour nous, à trois mois du référendum, n’est pas excellent, comme l’ont fait remarquer, à juste titre, les indépendantistes. Mais il faudra faire avec ces nouveaux interlocuteurs tant à Matignon que rue Oudinot.

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